PISA 2025 : le Maroc enregistre des résultats préoccupants dans les domaines clés

PISA 2025 : le Maroc enregistre des résultats préoccupants dans les domaines clés

Les résultats de l’enquête PISA 2025, publiés par l’OCDE, confirment les difficultés persistantes du système éducatif marocain. Selon les données, les élèves du Royaume se situent nettement en dessous de la moyenne de l’OCDE dans les trois domaines évalués : sciences, mathématiques et lecture. Cette évaluation internationale, réalisée tous les trois ans, mesure les compétences des élèves âgés de 15 ans dans 81 pays et économies partenaires.

En sciences, le Maroc obtient un score moyen de 358 points, contre 482 pour la moyenne de l’OCDE. En mathématiques, la note est de 355 points, comparée à 463. En lecture, le pays enregistre 321 points, contre 461. Ces chiffres placent le Royaume parmi les pays les moins performants de l’enquête.

Une part élevée d’élèves en difficulté

L’enquête souligne que 77,2 % des élèves marocains n’atteignent pas le niveau minimal de compétences en sciences, alors que la moyenne de l’OCDE est de 25,7 %. En d’autres termes, moins d’un élève sur quatre dépasse le seuil de compétence de base dans cette discipline. La proportion d’élèves très performants est également très faible : seulement 0,1 % des élèves marocains atteignent les niveaux 5 ou 6 en sciences, contre 7,2 % dans les pays de l’OCDE.

Les résultats en sciences environnementales sont également en deçà des attentes. Le Maroc y obtient 357 points, contre une moyenne de 480 dans l’OCDE. Seuls 16,4 % des élèves marocains atteignent le niveau minimal de compétence dans ce domaine spécifique.

Une baisse continue depuis plusieurs années

Les données PISA montrent une dégradation progressive des performances. Entre 2022 et 2025, la moyenne nationale a reculé de 7 points en sciences, de 10 points en mathématiques et de 18 points en lecture. Sur la période plus large des dix dernières années, la baisse en sciences atteint 27 points au Maroc, contre 7 points en moyenne dans l’OCDE. Cette tendance suggère des difficultés structurelles à améliorer le niveau des acquis malgré les réformes engagées.

La lecture représente le principal point faible des élèves marocains, avec un écart de 140 points par rapport à la moyenne de l’OCDE. Cette compétence est pourtant jugée fondamentale pour la suite du parcours scolaire et professionnel.

Des élèves motivés mais des résultats en décalage

Paradoxalement, l’enquête révèle que les élèves marocains affichent des niveaux de motivation et de persévérance supérieurs à la moyenne de l’OCDE. Ainsi, 79,8 % d’entre eux disent aimer apprendre de nouvelles choses, contre une moyenne de 76 % dans l’OCDE. Ils sont également 72,5 % à déclarer terminer ce qu’ils commencent, un taux supérieur à celui de l’OCDE (67,9 %).

Sur le plan du bien-être scolaire, 79,7 % des élèves marocains se sentent « à leur place » dans leur établissement, contre 76,2 % dans l’OCDE. En outre, 67 % affirment fournir des efforts supplémentaires lorsque le travail devient difficile, contre 59,5 % dans l’OCDE. Enfin, 76,7 % disent aimer comprendre le fonctionnement des choses, contre 74 % dans l’OCDE.

Ce décalage entre les dispositions positives des élèves et leurs performances effectives interroge sur la capacité du système éducatif à transformer ces atouts en résultats concrets. Les experts notent que les facteurs tels que la qualité de l’enseignement, les ressources disponibles et les conditions d’apprentissage jouent un rôle déterminant.

Conséquences pour l’avenir économique

Le niveau insuffisant en sciences et en mathématiques peut avoir des répercussions directes sur l’employabilité des jeunes et sur le développement économique du pays. Ces compétences sont en effet nécessaires pour accéder à des filières comme l’ingénierie, l’industrie, le numérique, la santé ou la recherche. Une maîtrise insuffisante de ces fondamentaux réduit les possibilités d’orientation et d’insertion professionnelle des jeunes générations.

La question de la formation des enseignants et des méthodes pédagogiques est au cœur des débats. Les autorités marocaines devront tirer les leçons de cette évaluation pour ajuster leurs politiques éducatives. L’enquête PISA de 2025 pourrait servir de base à une réflexion plus large sur la réforme du système scolaire, notamment en ce qui concerne les apprentissages fondamentaux.

Le ministère de l’Éducation nationale n’a pas encore réagi officiellement à ces résultats. Toutefois, il est attendu que des mesures soient présentées dans les prochains mois pour répondre à cette urgence éducative, qui conditionne l’avenir des jeunes et la compétitivité du Maroc.

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