La Corée du Sud cible le Maroc parmi ses marchés prioritaires pour 2026

La Corée du Sud cible le Maroc parmi ses marchés prioritaires pour 2026

Le ministère sud-coréen de l’Industrie, du Commerce et de l’Énergie a dévoilé, jeudi 12 décembre, la liste des sept marchés prioritaires pour les exportations nationales en 2026. Le Maroc figure sur cette liste, aux côtés de l’Égypte, de l’Argentine, de l’Uruguay, du Mercosur, du Mexique et de la Tanzanie.

Cette sélection s’inscrit dans le cadre de la stratégie commerciale de Séoul visant à diversifier ses débouchés et à renforcer sa présence sur les marchés émergents. Les autorités sud-coréennes entendent ainsi consolider leurs échanges avec des partenaires à fort potentiel de croissance, dans un contexte de ralentissement du commerce mondial.

Un intérêt accru pour l’Afrique du Nord et l’Amérique latine

Le choix du Maroc et de l’Égypte confirme l’importance croissante que Séoul accorde aux économies d’Afrique du Nord, perçues comme des portes d’entrée vers les marchés subsahariens et moyen-orientaux. Rabat, de son côté, a multiplié les accords de libre-échange avec des partenaires stratégiques, ce qui en fait une plateforme compétitive pour les investisseurs asiatiques.

Par ailleurs, la présence de l’Argentine, de l’Uruguay, du Mercosur (en tant que bloc), du Mexique et de la Tanzanie illustre la volonté sud-coréenne de couvrir plusieurs régions géographiques avec des profils économiques variés. Les ministères concernés précisent que cette liste a été établie sur la base d’une analyse approfondie des indicateurs commerciaux, des barrières tarifaires et des perspectives de croissance sectorielle.

Quelles retombées pour le Maroc ?

Pour le Maroc, cette inscription pourrait se traduire par un renforcement des échanges bilatéraux dans les secteurs de l’automobile, de l’électronique, des énergies renouvelables et de l’industrie agroalimentaire. Séoul considère le Royaume comme un hub régional pour ses entreprises cherchant à étendre leur présence sur le continent africain.

Le ministère coréen de l’Industrie souligne que des missions économiques et des salons professionnels seront organisés en 2026 dans ces pays prioritaires, en vue de faciliter les rencontres entre décideurs politiques et chefs d’entreprise.

Un partenariat déjà structurant

Les échanges entre le Maroc et la Corée du Sud ont connu une progression notable ces dernières années, passant de 1,3 milliard de dollars en 2020 à plus de 1,9 milliard en 2024, selon les données officielles. La balance commerciale reste toutefois déficitaire pour Rabat, qui importe principalement des composants électroniques et des équipements industriels.

Le Maroc exporte vers la Corée des produits issus de l’agriculture et de la pêche, ainsi que des produits chimiques. La signature, en 2021, d’un mémorandum d’entente sur le commerce et l’investissement a déjà jeté les bases d’une coopération renforcée, notamment dans les secteurs de la santé et des technologies de l’information.

Prochaines étapes et perspectives

Selon des sources officielles, des consultations bilatérales sont prévues au premier semestre 2025 afin d’établir un plan d’action concret pour l’année 2026. Des comités mixtes pourraient également être réactivés pour examiner les obstacles réglementaires et définir des projets communs.

D’ici là, les opérateurs marocains sont invités à se préparer aux nouvelles exigences du marché coréen, en particulier en matière de normes techniques et sanitaires. À moyen terme, cette priorisation pourrait aussi ouvrir la voie à un accord de libre-échange entre Rabat et Séoul, une perspective que plusieurs experts jugent réaliste compte tenu de la dynamique actuelle.

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