Le PAM affirme que ses alliés gouvernementaux ont rejeté ses propositions sur le pouvoir d’achat

Le PAM affirme que ses alliés gouvernementaux ont rejeté ses propositions sur le pouvoir d’achat

Le Parti authenticité et modernité (PAM) a déclaré avoir soumis à ses partenaires de la majorité gouvernementale plusieurs propositions destinées à préserver le pouvoir d’achat des ménages durant les années de sécheresse. Selon Mohamed Mehdi Bensaid, membre de la direction collégiale du parti, ces propositions ont été rejetées par les autres composantes de la majorité. Cette déclaration a été faite lors d’une rencontre organisée mercredi soir à Marrakech.

Le responsable du PAM a indiqué que sa formation avait présenté, durant la législature actuelle, des mesures aujourd’hui inscrites dans son programme électoral en matière de protection du pouvoir d’achat. Il a précisé que ces propositions avaient été rejetées dans leur ensemble, ce qui a empêché leur mise en œuvre. Cette prise de position intervient alors que le parti place la question du pouvoir d’achat au cœur de sa campagne électorale.

Une approche fondée sur le travail et la proximité

Lors de cette rencontre, Mohamed Mehdi Bensaid a plaidé pour une réorientation de l’action gouvernementale. Il a défendu une approche davantage fondée sur « le travail et la proximité », qu’il oppose à une réponse jugée insuffisamment adaptée aux réalités quotidiennes des Marocains. Il a illustré son propos en soulignant que les tomates dans la région du Souss étaient annoncées à 3 dirhams, mais que les habitants de Marrakech, Rabat ou Casablanca ne peuvent pas s’y rendre pour acheter ce produit de première nécessité. Il a ainsi mis en avant la question de l’accessibilité réelle des produits de base pour les ménages.

Le responsable du PAM a également rappelé qu’il s’agissait de la première expérience de son parti au sein d’un gouvernement. Il a revendiqué les résultats obtenus par ses ministres dans plusieurs secteurs. Il a ainsi pris ses distances avec son principal allié au sein de l’Exécutif, le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui a participé à plusieurs gouvernements depuis sa création au milieu des années 1970. « C’est la première fois que nous assumons la responsabilité », a-t-il déclaré, avant de placer les prochaines échéances électorales au centre des défis de sa formation.

Critiques des pratiques électorales et appel au dialogue

Mohamed Mehdi Bensaid s’est également exprimé sur les polémiques qui ont marqué la législature actuelle, notamment les soupçons de conflits d’intérêts, d’enrichissement illicite ou de pratiques liées à l’économie de rente. Sans désigner explicitement de responsables, il a accusé « certains » acteurs de tenter, durant la campagne, « d’acheter les consciences des Marocains ». Il a affirmé vouloir s’adresser au peuple marocain et non aux entreprises, ainsi qu’à la jeunesse marocaine et non aux personnes. Pour lui, la campagne électorale ne doit pas se résumer à la conquête d’un siège, mais doit aussi permettre d’établir un dialogue direct avec les électeurs autour des propositions avancées par les partis. « Aujourd’hui, il ne suffit pas seulement de gagner un siège ou de faire élire notre candidat. Il faut aussi dialoguer avec les Marocains et les convaincre de notre programme électoral », a-t-il soutenu.

Le ministre chargé de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication a mis en avant le « Pacte pour l’intégration des jeunes » inscrit dans le programme électoral du PAM. Selon lui, les jeunes Marocains ne réclament pas de privilèges particuliers, mais souhaitent avant tout bénéficier d’une formation de haut niveau, accéder à des emplois dignes et décents et être traités sur un pied d’égalité dans l’ensemble des provinces et des régions.

Le responsable politique a enfin défendu le choix de son parti de présenter des engagements chiffrés dans son programme électoral. Cette précision, estime-t-il, aurait placé certains acteurs face à leurs responsabilités et alimenté les débats et les échanges de critiques. « Nous avons réussi dans certains secteurs et échoué sur certains points. Il n’y a pas de problème à le reconnaître », a-t-il déclaré, estimant que la reconnaissance des difficultés constitue précisément le préalable à la recherche de nouvelles solutions. Selon Bensaid, une période de crise peut parfaitement survenir au cours d’une législature. Ce qui pose problème, à ses yeux, est de refuser de la reconnaître et de donner l’impression que « tout va bien » malgré les difficultés rencontrées.

Perspectives

Les prochaines échéances électorales devraient être l’occasion pour le PAM de défendre son programme, notamment en matière de pouvoir d’achat et d’intégration des jeunes. Les débats autour des bilans et des propositions des différents partis devraient se poursuivre durant la campagne. Il reste à voir comment les électeurs réagiront aux arguments avancés par le PAM et à ses critiques envers ses alliés gouvernementaux.

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