Des experts en relations internationales ont mis en garde, mardi, contre l’instrumentalisation politique de la relation entre le Maroc et l’Espagne, à l’approche d’échéances électorales dans le royaume ibérique. Mohamed Zakaria Aboudahab, professeur de relations internationales, a déclaré que le Maroc ne saurait servir de « fonds de commerce préélectoral ».
Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions récurrentes entre les deux pays, alimentées par des déclarations politiques et des dossiers sensibles. Selon les experts, la relation bilatérale risque d’être utilisée comme un outil de campagne électorale, au détriment des intérêts partagés.
Le professeur a souligné que les récentes précisions apportées par le ministère des Affaires étrangères marocain visaient à clarifier la position du royaume face à certaines interprétations politiques. Ces clarifications s’inscrivent dans un effort de transparence et de rappel des principes qui régissent les relations entre Rabat et Madrid.
Un contexte de tensions politiques
La relation entre le Maroc et l’Espagne a connu plusieurs épisodes de crispation ces dernières années, notamment autour de questions migratoires et de souveraineté. Les observateurs notent que ces tensions sont souvent exacerbées par des enjeux de politique intérieure espagnole.
Mohamed Zakaria Aboudahab a insisté sur le fait que le Maroc ne peut être réduit à un enjeu de politique partisane. Il a appelé à une approche responsable et à long terme, fondée sur le respect mutuel et la coopération.
Les experts rappellent que les deux pays entretiennent des liens économiques et sécuritaires importants, qui dépassent les clivages politiques conjoncturels. Toute instrumentalisation risque de fragiliser ces acquis et de nuire aux intérêts des deux peuples.
Réactions et implications
Les déclarations du professeur Aboudahab font écho à des préoccupations exprimées par plusieurs analystes marocains et espagnols. Ils estiment que la relation bilatérale doit être préservée des surenchères électorales.
Le ministère marocain des Affaires étrangères n’a pas commenté directement ces déclarations, mais ses récentes précisions témoignent d’une volonté de clarifier les malentendus. Rabat a réaffirmé son attachement à une coopération constructive avec Madrid.
Du côté espagnol, aucune réaction officielle n’a été enregistrée dans l’immédiat. Les prochaines échéances électorales dans certaines régions espagnoles pourraient toutefois raviver les tensions.
Perspectives
Les experts appellent à une gestion apaisée et institutionnelle de la relation bilatérale. Ils recommandent la mise en place de canaux de dialogue permanents pour éviter les crises récurrentes.
Dans les semaines à venir, l’attention se portera sur les déclarations des responsables des deux pays. Un sommet bilatéral pourrait être l’occasion de réaffirmer les principes de coopération et de non-ingérence.
Le Maroc et l’Espagne sont appelés à dépasser les logiques de court terme pour construire une relation durable, fondée sur la confiance et le respect des intérêts respectifs. La balle est désormais dans le camp des responsables politiques des deux rives.
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