Le départ du directeur de cabinet du président algérien Abdelmadjid Tebboune, Boualem Boualem, continue d’alimenter les spéculations sur les équilibres internes au sommet de l’État algérien. Selon le média spécialisé Sahel Intelligence, cette absence, non officialisée, jette un doute sur la stabilité du pouvoir à Alger et relance les questionnements sur la relation entre le chef de l’État et le chef d’état-major de l’armée, Saïd Chengriha.
Un départ qui modifie les équilibres
Considéré comme l’un des principaux cerveaux de la présidence, Boualem Boualem était réputé pour sa connaissance fine des rouages de l’administration algérienne. Son absence momentanée, jusqu’à sa réapparition en juin dernier, n’a pas été officiellement commentée. Pour Sahel Intelligence, son départ ne peut être interprété comme un simple changement de poste, mais comme une modification des équilibres au sommet de l’État.
Fin stratège, discret et rompu aux arcanes du pouvoir, il aurait joué un rôle central dans la préparation des dossiers sensibles et la coordination entre les différentes institutions. Sa connaissance approfondie de l’appareil administratif en faisait un interlocuteur précieux pour Abdelmadjid Tebboune. Son éloignement, s’il est confirmé, affaiblirait la capacité du président à maintenir une coordination étroite entre les centres de décision.
Une rivalité ancienne entre le président et l’armée
Les tensions entre Abdelmadjid Tebboune et Saïd Chengriha existent depuis 2020. Elles portent sur le contrôle des appareils de sécurité, des renseignements et des grandes orientations de l’État. Si le président dispose de la légitimité institutionnelle, le chef d’état-major exerce une influence politique et sécuritaire déterminante dans un système où l’armée demeure le centre de gravité des décisions stratégiques, diplomatiques et sécuritaires.
Sahel Intelligence soulève une question lourde de sens : lequel des deux, le président ou le chef de l’armée, prendrait le risque de voyager à l’étranger ? Cette interrogation sous-entend une méfiance réciproque et la crainte, pour l’un comme pour l’autre, de ne pas retrouver sa position à son retour. Citant une source proche du dossier, le média suggère qu’un déplacement hors du territoire exposerait l’un ou l’autre à un risque majeur.
Si aucune divergence n’a été reconnue publiquement, certains observateurs estiment que le départ du directeur de cabinet a modifié les équilibres internes. Cette situation alimente les doutes au sein des milieux politiques et sécuritaires algériens sur la véritable configuration du pouvoir.
Des interrogations sur la prise de décision
La nouvelle configuration autour du président apparaît plus incertaine. Elle suscite des questions sur sa capacité à maintenir une coordination étroite entre les différents centres de décision de l’État. Pour certains analystes, Abdelmadjid Tebboune semble avoir perdu une carte maîtresse dans le jeu de pouvoir face à un chef d’état-major omniprésent dans les décisions politiques du pays depuis sa nomination.
Cette lutte d’influence, si elle se confirme, pourrait avoir des conséquences sur la stabilité institutionnelle et sur les orientations stratégiques de l’Algérie. Elle intervient dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et économiques importants pour Alger.
À ce stade, aucune déclaration officielle n’a confirmé ou infirmé les informations rapportées par Sahel Intelligence. L’évolution de la situation dépendra des prochains arbitrages au sommet de l’État et de la capacité des différentes parties à préserver un équilibre institutionnel.
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