Fraude au Forex en Turquie : deux Marocains parmi plus de 200 interpellés

Fraude au Forex en Turquie : deux Marocains parmi plus de 200 interpellés

Les autorités turques ont annoncé le démantèlement d’un réseau international spécialisé dans les escroqueries sur le marché des changes, à l’issue d’une opération conjointe menée par les services de renseignement et la direction de la sécurité d’Istanbul, sous la supervision du parquet. Plus de 200 personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles figurent deux ressortissants marocains, selon des sources médiatiques turques.

L’opération, qui s’est déroulée à Istanbul, a mobilisé des effectifs dans 286 adresses simultanément, ciblant 28 entreprises et 42 centres d’appels. Les suspects interpellés sont de nationalités diverses : outre les deux Marocains, les autorités ont arrêté onze Pakistanais, neuf Israéliens, ainsi que des personnes originaires de Palestine, de Jordanie, d’Ukraine, d’Indonésie, d’Égypte, du Bangladesh et d’autres pays.

Un réseau soupçonné de liens avec Israël

Selon les autorités turques, le nombre total de suspects dans cette affaire s’élève à 248 personnes. Les enquêteurs soupçonnent ce réseau d’être lié à Israël et de cibler des victimes dans différents pays en leur promettant des investissements à haut rendement dans le Forex et les cryptomonnaies.

Les forces de l’ordre ont saisi des avoirs d’une valeur estimée à 1,5 milliard de livres turques, soit plus de 30 millions de dollars américains. Ces saisies comprennent 80 véhicules et 12 biens immobiliers qui auraient été utilisés par les membres du réseau comme centres d’appels et quartiers généraux.

Parmi les personnes arrêtées figurent 45 ressortissants étrangers originaires de pays d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud. La police turque poursuit ses recherches afin de retrouver les autres personnes impliquées dans les activités de ce réseau international.

Les déclarations du ministre turc de la Justice

Dans une publication sur son compte officiel Facebook, le ministre turc de la Justice, Akın Gürlek, a indiqué que « la Turquie, sous la direction du président Recep Tayyip Erdoğan, est déterminée à poursuivre son action contre les organisations criminelles nationales et internationales qui ont transformé la technologie et le système financier en instruments de criminalité ».

Il a ajouté que les autorités suivent « la trace des profits issus de la criminalité » et mobilisent toutes leurs ressources afin de démasquer les auteurs, d’identifier leurs liens et leurs sources de revenus criminels.

Le ministre a précisé que l’enquête s’inscrit dans le cadre de quatre investigations distinctes menées par le parquet général d’Istanbul. Ces enquêtes ont révélé que certaines entreprises opérant sous l’appellation de « centres d’appels » avaient escroqué des ressortissants étrangers en leur promettant des rendements élevés, en diffusant sur les réseaux sociaux et sur Internet des publicités proposant des investissements dans le Forex et les cryptomonnaies.

Selon Akın Gürlek, l’enquête a été menée en coordination entre le Bureau d’enquête sur les crimes financiers et la criminalité organisée du parquet général d’Istanbul, la Direction de la criminalité organisée de la Direction provinciale de la sécurité d’Istanbul et la Direction de lutte contre la cybercriminalité de la Direction générale de la sécurité.

Des transactions estimées à près de 13 milliards de livres turques

Le ministre turc de la Justice a également déclaré que les analyses réalisées par le Conseil d’enquête sur les crimes financiers (MASAK), les résultats obtenus par les unités de police et les centaines de signalements de victimes transmis par l’intermédiaire d’Interpol ont permis d’établir que des individus ayant des liens avec Israël étaient impliqués dans cette opération. Une organisation frauduleuse ciblant différents pays, notamment en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, a également été découverte.

Akın Gürlek a affirmé que le montant des transactions effectuées par ce réseau avait atteint près de 13 milliards de livres turques sur une période de deux ans. Il a indiqué qu’une opération d’arrestations simultanées avait été lancée dans 286 adresses à Istanbul, ciblant 28 entreprises et 42 centres d’appels.

Le ministre a conclu que « la lutte contre les groupes organisés qui ciblent le fruit du travail et les économies des citoyens au moyen de fausses promesses d’investissement, et qui transforment la technologie et le système financier international en instruments de criminalité, se poursuivra sans aucun compromis ».

Enquête en cours et suites judiciaires

Les investigations se poursuivent avec les personnes arrêtées, parmi lesquelles figurent 45 ressortissants étrangers. Les autorités turques n’ont pas précisé le calendrier des suites judiciaires ni les chefs d’accusation retenus contre les suspects.

La police turque continue ses recherches pour identifier et interpeller les autres membres du réseau. Les autorités ont indiqué que l’enquête reste ouverte et que de nouvelles arrestations pourraient intervenir dans les prochains jours, notamment à l’étranger, en coopération avec Interpol.

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