Hydrogène vert : Le Maroc et l’Égypte confrontés aux défis du financement bancaire

Hydrogène vert : Le Maroc et l’Égypte confrontés aux défis du financement bancaire

Le Maroc et l’Égypte, principaux pôles d’hydrogène et d’ammoniac verts au sud de la Méditerranée, se heurtent à un obstacle majeur : la bancabilité de leurs projets. Selon des informations rapportées par Le Journal de l’Énergie, les deux pays disposent de stratégies nationales ambitieuses, de lois incitatives et de développeurs de premier plan, mais peinent à transformer ces atouts en projets effectivement financés par les banques.

La bancabilité désigne la capacité d’un projet à générer des flux de trésorerie suffisants pour rembourser les emprunts contractés. Pour les projets d’hydrogène vert, cette équation reste difficile à résoudre en raison de coûts de production élevés, d’une demande encore incertaine et d’infrastructures de transport insuffisantes.

Des atouts stratégiques indéniables

Le Maroc et l’Égypte bénéficient d’un ensoleillement exceptionnel et de vastes surfaces disponibles pour le déploiement d’énergies renouvelables. Ces conditions permettent d’envisager une production compétitive d’hydrogène vert, produit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité renouvelable.

Le Maroc a adopté une stratégie nationale pour l’hydrogène vert en 2021, visant à positionner le royaume comme un exportateur majeur vers l’Europe. L’Égypte a également lancé des initiatives similaires, avec l’objectif de devenir un hub régional pour l’hydrogène et l’ammoniac verts.

Plusieurs développeurs internationaux ont manifesté leur intérêt pour ces marchés. Des projets pilotes et des accords de coopération ont été signés, mais la plupart restent au stade de l’étude de faisabilité.

Les obstacles à la bancabilité

Le principal frein réside dans l’absence de contrats d’achat à long terme. Sans acheteurs engagés sur des volumes et des prix stables, les banques hésitent à financer des installations de production dont les revenus futurs demeurent incertains.

Le coût actuel de l’hydrogène vert reste supérieur à celui de l’hydrogène produit à partir d’énergies fossiles. Cette différence de prix rend nécessaire la mise en place de mécanismes de soutien public ou de subventions pour rendre les projets attractifs.

Par ailleurs, les infrastructures de transport et de stockage de l’hydrogène sont quasi inexistantes dans les deux pays. Le développement de pipelines et de terminaux d’exportation représente un investissement considérable, dont le financement n’est pas encore assuré.

Des perspectives de déblocage

Des discussions sont en cours entre les gouvernements, les développeurs et les institutions financières internationales pour trouver des solutions. Parmi les pistes évoquées figurent la garantie publique des risques, la signature de contrats d’achat à long terme avec des acheteurs européens et la mobilisation de financements concessionnels.

L’Union européenne, qui cherche à diversifier ses approvisionnements énergétiques, pourrait jouer un rôle clé en soutenant ces projets. Des mécanismes comme les contrats pour différence, qui garantissent un prix stable à la production, sont à l’étude.

Les autorités marocaines et égyptiennes affirment leur volonté d’accélérer le développement de la filière. Des annonces officielles sont attendues dans les prochains mois concernant de nouveaux partenariats et des cadres réglementaires adaptés.

Toutefois, sans une clarification rapide des conditions de financement, le risque est que ces projets restent bloqués au stade des intentions, privant la région d’une opportunité de transition énergétique et de création d’emplois.

Commentaires (0)

Laissez votre commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.