Au Maroc, le scénariste reste le maillon faible de la création audiovisuelle

Au Maroc, le scénariste reste le maillon faible de la création audiovisuelle

Le scénariste occupe une position précaire dans le processus de création cinématographique au Maroc. C’est ce que souligne Abdelkrim Ouakrim, spécialiste de l’analyse filmique, qui qualifie le scénariste de « maillon faible » de la chaîne de production audiovisuelle nationale. Selon lui, celui qui accepte de travailler dans ces conditions contribue à fragiliser davantage un métier déjà peu reconnu.

Une reconnaissance professionnelle limitée

Abdelkrim Ouakrim insiste sur le fait que le scénariste, bien qu’essentiel à toute œuvre audiovisuelle, demeure le professionnel le moins valorisé du secteur. Il estime que cette situation découle d’une méconnaissance du rôle central du scénario dans la réussite d’un film ou d’une série.

Le spécialiste rappelle que le scénariste est à l’origine de la structure narrative, des personnages et de la cohérence dramatique d’une production. Pourtant, sa contribution est souvent minimisée au profit du réalisateur ou du producteur.

Des conditions de travail qui découragent

Selon Abdelkrim Ouakrim, les scénaristes marocains font face à des conditions de travail peu attractives. Les rémunérations seraient faibles, les délais serrés et les contrats parfois flous. Ces éléments conduisent certains professionnels à accepter des compromis qui nuisent à la qualité de leur travail.

Le spécialiste souligne que cette précarité pousse des talents à se détourner du métier ou à privilégier des formats moins exigeants. Il évoque également le manque de formation spécialisée et d’accompagnement pour les jeunes scénaristes.

Un secteur en mutation

Le débat intervient alors que la production audiovisuelle marocaine connaît une dynamique croissante, portée par les plateformes de streaming et les investissements dans le cinéma national. Cette expansion rend d’autant plus nécessaire la reconnaissance du rôle du scénariste.

Abdelkrim Ouakrim plaide pour une meilleure structuration de la filière, avec des contrats standardisés et une valorisation du travail d’écriture. Il estime que la qualité des productions marocaines dépendra de la capacité du secteur à traiter le scénariste comme un partenaire à part entière.

Vers une prise de conscience collective

La question de la place du scénariste dans le cinéma marocain n’est pas nouvelle. Elle refait surface à mesure que le secteur se professionnalise et que les attentes du public augmentent.

Pour Abdelkrim Ouakrim, une prise de conscience est nécessaire à tous les niveaux de la chaîne de production. Il appelle à un dialogue entre scénaristes, réalisateurs, producteurs et institutions publiques pour améliorer la condition de ce métier.

Les prochaines étapes dépendront de la volonté des acteurs du secteur à engager des réformes concrètes. Aucun calendrier officiel n’a été annoncé à ce stade.

Commentaires (0)

Laissez votre commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.