Fonction publique : cinq régions concentrent près de 70% des effectifs de l’État

Fonction publique : cinq régions concentrent près de 70% des effectifs de l’État

Près de sept fonctionnaires civils de l’État sur dix exercent leur activité dans seulement cinq régions du Maroc, selon les données du rapport sur les ressources humaines accompagnant la loi de finances. Cette concentration géographique des effectifs publics demeure un déséquilibre structurel majeur, malgré les engagements répétés de déconcentration administrative.

Le rapport, qui dresse un état des lieux des ressources humaines de l’administration centrale, met en évidence une répartition inégale des agents de l’État sur le territoire national. Les régions les plus peuplées et les plus urbanisées, notamment Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Marrakech-Safi, captent l’essentiel des fonctionnaires civils. À l’inverse, les provinces du sud et les zones rurales enclavées restent sous-dotées en personnel administratif.

Un déséquilibre qui persiste malgré les réformes

Cette concentration n’est pas nouvelle. Elle reflète l’histoire administrative du pays, marquée par le poids de la capitale politique et de la métropole économique. Les ministères et les établissements publics y implantent traditionnellement leurs sièges et leurs directions centrales, attirant ainsi la majorité des cadres et agents de l’État.

Les efforts de déconcentration, engagés dans le cadre de la régionalisation avancée, n’ont pas encore produit d’effets significatifs sur la carte des effectifs. Le rapport souligne que les services déconcentrés restent souvent dotés de moyens humains limités, ce qui freine la territorialisation des politiques publiques.

Des implications pour l’égalité d’accès au service public

La forte concentration des fonctionnaires dans cinq régions pose la question de l’égalité d’accès au service public. Les citoyens des zones sous-administrées font face à des délais plus longs et à une moindre disponibilité des services de proximité. Ce constat alimente les débats sur la nécessité d’une meilleure répartition des ressources humaines de l’État.

Le rapport ne précise pas les mesures correctives envisagées, mais il s’inscrit dans un contexte où le gouvernement est appelé à renforcer la présence de l’administration dans les territoires. Les syndicats et les élus locaux réclament depuis plusieurs années une révision de la carte administrative et une plus grande mobilité des agents publics.

Vers une répartition plus équilibrée ?

Les autorités n’ont pas encore annoncé de plan spécifique pour corriger cette disparité. Toutefois, les discussions budgétaires en cours pourraient intégrer des dispositions visant à encourager l’affectation des fonctionnaires dans les régions déficitaires. Des incitations financières et des perspectives de carrière sont parfois évoquées pour attirer les cadres vers les zones rurales et les provinces du sud.

En attendant, la répartition des effectifs de l’État reste un indicateur des inégalités territoriales au Maroc. Le prochain rapport sur les ressources humaines, attendu avec la prochaine loi de finances, permettra de mesurer l’évolution de cette situation.

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