Inondations au Maroc : pourquoi des régions exclues des zones sinistrées ?

Inondations au Maroc : pourquoi des régions exclues des zones sinistrées ?

Début 2026, le Maroc a été confronté à des crues et inondations d’une ampleur exceptionnelle, causant des dégâts matériels importants dans plusieurs provinces. Face à l’étendue des dommages, le Chef du gouvernement a pris un arrêté déclarant ces intempéries comme une situation de catastrophe naturelle, ouvrant ainsi la voie à la mobilisation de fonds spéciaux et à l’activation de procédures d’urgence pour les populations et les collectivités touchées.

Un périmètre d’intervention défini par des critères précis

La décision de classer une zone comme sinistrée ne relève pas d’une appréciation arbitraire. Elle s’appuie sur une évaluation technique rigoureuse menée par les services compétents du ministère de l’Intérieur et les autorités locales. Les critères principaux incluent l’intensité des précipitations enregistrées, le niveau des dégâts recensés sur les infrastructures publiques (routes, ponts, réseaux), l’étendue des impacts sur les habitations et les exploitations agricoles, ainsi que le nombre de personnes directement affectées.

Cette délimitation est cruciale, car elle conditionne l’accès des citoyens et des communes aux indemnités du Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques et à d’autres aides de l’État. Seules les zones officiellement déclarées sinistrées peuvent engager des dossiers de demande de compensation pour les pertes subies.

Les raisons possibles d’une exclusion du classement

L’exclusion de certaines localités du périmètre sinistré, malgré des inondations apparentes, peut s’expliquer par plusieurs facteurs objectifs. Premièrement, les dégâts, bien que visibles, peuvent ne pas atteindre les seuils de gravité prédéfinis par la réglementation pour déclencher le statut de catastrophe naturelle au niveau national.

Deuxièmement, l’évaluation peut conclure que les dommages relèvent davantage de la responsabilité des assurances privées des particuliers ou des programmes de développement local ordinaires, plutôt que du régime exceptionnel des catastrophes. Enfin, des retards dans la remontée ou la vérification des informations depuis le terrain peuvent également jouer un rôle dans la phase initiale de la cartographie des zones critiques.

La procédure de recours pour les communes concernées

Pour les régions qui estiment avoir été injustement exclues, la procédure administrative prévoit des voies de recours. Les collectivités territoriales concernées peuvent adresser un dossier complémentaire d’évaluation des dégâts aux autorités provinciales et à la commission interministérielle chargée du dossier. Ce dossier doit être étayé par des rapports techniques, des photographies géolocalisées et des procès-verbaux détaillés faisant foi.

Cette réévaluation est possible tant que la période de gestion de la crise n’est pas officiellement close. Plusieurs cas par le passé ont montré que des communes initialement non listées ont pu intégrer le classement après avoir fourni des preuves supplémentaires convaincantes de l’ampleur de leurs pertes.

Les implications pratiques du statut de zone sinistrée

L’activation du statut de catastrophe naturelle débloque un dispositif opérationnel et financier spécifique. Il permet notamment la mise en place de comités locaux de suivi, le déblocage de crédits pour les travaux urgents de réhabilitation des infrastructures publiques essentielles, et l’ouverture de guichets dédiés pour le dépôt des dossiers des sinistrés.

Pour les particuliers, cela facilite les démarches auprès des compagnies d’assurance et peut donner droit à des moratoires sur le paiement des impôts locaux ou des crédits bancaires, sous certaines conditions définies par des circulaires ministérielles.

Les prochaines étapes consistent en la finalisation des rapports d’expertise sur le terrain par les ingénieurs des différents départements ministériels. Sur la base de ces conclusions consolidées, une mise à jour de la liste des communes sinistrées pourrait être publiée au Bulletin Officiel dans les semaines à venir. Parallèlement, les commissions provinciales continuent d’instruire les dossiers des demandeurs pour accélérer le versement des aides d’urgence aux populations dont la situation a déjà été reconnue.

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