Les marchés financiers mondiaux ont connu un net repli jeudi, effaçant les gains de la veille, après une allocution du président américain Donald Trump jugée plus belliqueuse que prévue concernant le conflit avec l’Iran. Cette intervention a éloigné les perspectives d’une résolution rapide des tensions au Moyen Orient, suscitant une nouvelle volatilité sur les places boursières, les marchés pétroliers et celui des taux d’intérêt.
Les principales bourses européennes ont ouvert en nette baisse. Vers 07H10 GMT, l’indice CAC 40 à Paris reculait de 1,24%, le DAX de Francfort de 1,55%, le FTSE MIB de Milan de 1,30% et le FTSE 100 de Londres de 0,71%. En Asie, la Bourse de Hong Kong a clôturé en baisse de 1,19%. L’indice Nikkei de Tokyo, après une ouverture en hausse, a finalement terminé sa séance avec un repli de 2,4%, à 52.463,27 points.
Cette correction fait suite à une forte hausse générale mercredi, portée par des déclarations antérieures du président Trump laissant entrevoir une fin du conflit sous deux à trois semaines. Les analystes de Natixis ont indiqué que les marchés commençaient à croire à une fin prochaine du conflit, mais que l’allocution présidentielle avait largement douché les espoirs d’une désescalade.
Le pétrole repart à la hausse
L’intervention de Donald Trump, mercredi soir à Washington, a clairement refroidi les espoirs, selon John Plassard, analyste chez Cité Gestion Private Bank. Le président américain a réaffirmé que les États-Unis étaient proches de remplir leurs objectifs, mais a assuré qu’ils continueraient de frapper l’Iran extrêmement durement.
Les cours du pétrole, qui avaient cédé du terrain ces derniers jours, ont immédiatement réagi à la hausse. Vers 07H10 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, grimpait de 6,66% à 107,90 dollars. Son équivalent américain, le WTI, prenait 6,06% à 106,19 dollars.
Donald Trump a également appelé les pays dépendants du détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole mondial, à s’occuper de résoudre son blocage par l’Iran. Il a de nouveau menacé de s’en prendre aux infrastructures énergétiques iraniennes, affirmant qu’en l’absence d’accord, les États-Unis allaient frapper chacune de leurs centrales électriques très durement.
Stephen Innes, analyste chez SPI Asset Management, a commenté que le message n’était pas alarmiste, mais disait clairement que rien n’était terminé. En réponse, l’armée iranienne a promis des attaques écrasantes contre les États-Unis et Israël.
Les taux d’intérêt remontent
La perspective d’une prolongation du conflit ravive les craintes inflationnistes pour l’économie mondiale, entraînant une remontée des taux d’intérêt sur les dettes souveraines en Europe.
Le taux allemand à dix ans, référence européenne, est repassé jeudi au dessus de la barre symbolique des 3,00%, à 3,03%, contre 2,98% la veille. Il avait atteint environ 2,70% avant le début du conflit. Son équivalent français atteignait 3,74%, contre 3,67% la veille et 3,20% avant la guerre. Le taux italien a quant à lui pris près de 0,10 point de pourcentage, à 3,92%.
Ces taux montent avec les risques d’inflation, car les créanciers demandent des garanties face à l’érosion potentielle de la valeur de leur capital. Les investisseurs anticipent également une politique monétaire plus restrictive de la part des banques centrales pour combattre cette inflation.
Le dollar américain a également repris de la vigueur jeudi. Vers 07H10 GMT, il gagnait 0,50% face à l’euro, à 1,1531 euro pour un dollar. La devise américaine bénéficie de son rôle de monnaie de transaction sur le marché pétrolier et de la plus grande indépendance énergétique des États Unis par rapport à l’Europe et à l’Asie.
Sur le terrain, l’armée israélienne a annoncé une nouvelle attaque de missiles et de drones venus d’Iran dans la nuit de mercredi à jeudi, portant à quatre le nombre d’attaques enregistrées sur cette période.
Les prochains jours seront déterminants pour observer si les déclarations des différentes parties se traduiront par une escalade militaire tangible ou ouvriront la voie à des pourparlers. Les marchés financiers resteront sensibles à la moindre annonce, avec une attention particulière portée sur la sécurité des voies maritimes dans le golfe Persique et sur la réponse des alliés des États Unis à l’appel concernant le détroit d’Ormuz.
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