Des négociations entre l’Iran et les États-Unis auraient débuté au Pakistan, selon les médias iraniens

Des négociations entre l’Iran et les États-Unis auraient débuté au Pakistan, selon les médias iraniens

Des médias d’État iraniens ont annoncé, samedi, le début de pourparlers entre l’Iran et les États-Unis à Islamabad, sous médiation pakistanaise. Ces discussions, dont l’agenda et le format précis n’ont pas été dévoilés, viseraient à mettre un terme au conflit entre les deux nations. L’information a été relayée après que le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a reçu séparément les deux délégations.

Les agences de presse iraniennes Fars et Tasnim ont évoqué des progrès préliminaires, mentionnant notamment une limitation des attaques israéliennes dans le sud de Beyrouth, au Liban. Elles ont également indiqué que les États-Unis auraient accepté le principe de débloquer des avoirs iraniens gelés à l’étranger, un point central des demandes de Téhéran.

Les conditions préalables de l’Iran

La veille de cette annonce, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui dirige la délégation à Islamabad, avait posé des conditions claires. Il avait exigé une trêve au Liban et le déblocage des actifs financiers de son pays comme préalables à toute négociation de paix substantielle. Le Liban, régulièrement frappé par des frappes israéliennes, est considéré par l’Iran comme un dossier « inséparable » du conflit plus large.

Les déclarations des médias iraniens concernant les avoirs gelés contrastent avec les démentis émis par un haut responsable américain. Ce dernier avait nié, plus tôt, qu’un feu vert ait été donné pour libérer les fonds de la République islamique, qui sont soumis à des sanctions et bloqués dans des banques au Qatar et ailleurs.

Des précautions et des démentis

Malgré l’annonce d’un accord de principe, les mêmes sources iraniennes ont nuancé leurs propos samedi. Elles ont souligné la nécessité de discussions techniques et d’expertise plus approfondies concernant le processus de libération de ces actifs financiers. Cette prudence suggère que les modalités pratiques restent à définir.

L’annonce simultanée par plusieurs agences de presse iraniennes majeures, dont Mehr et Isna, confère un certain poids à l’information. Cependant, l’absence de confirmation officielle et directe par les parties américaine et iranienne, ainsi que le démenti sur les avoirs, entretiennent un flou sur la portée réelle et le contenu des échanges.

Le rôle du Pakistan

Le Pakistan joue le rôle de médiateur dans cette initiative, accueillant les délégations et facilitant les contacts. La position d’Islamabad, qui entretient des relations avec les deux camps, bien que complexes, en fait un interlocuteur potentiel. L’implication du Premier ministre Shehbaz Sharif personnellement dans les réceptions séparées souligne le niveau diplomatique de ces efforts.

Pour les observateurs régionaux, dont le Maroc qui suit de près les évolutions géopolitiques au Moyen-Orient, l’ouverture d’un canal de dialogue, même indirect, représente un développement notable. Il intervient dans un contexte de fortes tensions régionales, alimentées par la guerre à Gaza et les affrontements par procuration.

Prochaines étapes et attentes

Les prochains jours devraient permettre de clarifier la nature et la structure des pourparlers annoncés. La communauté internationale attendra des déclarations officielles conjointes ou séparées de Washington et de Téhéran pour valider l’existence et le cadre de ces négociations. L’évolution de la situation au Liban et le dossier des avoirs gelés resteront des indicateurs clés de la volonté des parties de progresser vers une désescalade.

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