La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leïla Benali, a publiquement mis en doute, ce lundi à la Chambre des représentants, l’un des principaux arguments justifiant le maintien de l’heure GMT+1 au Maroc, à savoir les économies d’électricité promises. Cette déclaration intervient alors qu’une étude gouvernementale commandée pour évaluer l’impact du changement horaire est en cours de réévaluation.
Lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, la ministre a répondu à une interrogation concernant la permanence de l’heure avancée (GMT+1), instaurée de manière permanente depuis 2018. Elle a indiqué que les données actuelles ne confirment pas de manière nette les importantes économies d’énergie initialement avancées comme motif principal de cette décision.
Un argument économique remis en question
Leïla Benali a précisé que son département ministériel procédait actuellement à une révision approfondie de l’étude d’impact relative au changement horaire. Cette réévaluation vise à actualiser les données, notamment celles concernant la consommation électrique, afin d’établir un bilan précis et factuel des conséquences de la mesure.
La ministre a souligné que l’analyse devait prendre en compte l’ensemble des paramètres, incluant non seulement la consommation d’électricité, mais aussi d’autres facteurs socio-économiques et sanitaires potentiellement affectés par le décalage horaire permanent. Cette approche holistique marque un changement par rapport au discours initial, centré presque exclusivement sur les gains énergétiques.
Contexte et historique de la mesure
Le Maroc a adopté l’heure GMT+1 de façon permanente en octobre 2018, après des années d’alternance entre l’heure d’hiver (GMT) et l’heure d’été (GMT+1). La décision avait été justifiée officiellement par la volonté de réaliser des économies d’énergie substantielles, d’aligner les horaires de travail sur la lumière naturelle, et de simplifier la vie administrative et économique du pays.
À l’époque, les autorités avaient cité des études prévisionnelles évoquant des réductions significatives de la pointe de consommation électrique. Cependant, l’absence de publication d’un rapport détaillé et les questionnements récurrents de parlementaires et d’experts ont maintenu un débat sur l’efficacité réelle de cette politique.
Réactions et implications potentielles
Les déclarations de la ministre Benali relancent le débat public sur un sujet qui touche à l’organisation de la vie quotidienne de millions de citoyens. Elles interviennent dans un contexte de sensibilisation accrue aux questions énergétiques, marqué par la hausse des prix internationaux des hydrocarbures et les objectifs nationaux de diversification du mix énergétique.
La remise en cause de l’argument central des économies d’énergie ouvre la porte à une réévaluation politique de la mesure. Elle place les autres justifications, comme l’alignement avec les partenaires économiques européens ou les impacts sur les rythmes biologiques, au cœur du débat.
Prochaines étapes et calendrier
Le processus de révision de l’étude est en cours au sein du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable. Aucun calendrier précis pour la publication des conclusions révisées n’a été communiqué par la ministre lors de son intervention parlementaire.
L’issue de cette réévaluation technique est attendue avec intérêt, car elle pourrait influencer une éventuelle décision politique future concernant le fuseau horaire marocain. Toute modification éventuelle nécessiterait, le cas échéant, une procédure législative ou réglementaire, ainsi qu’une large communication pour préparer les citoyens et les secteurs économiques à un changement potentiel.
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