Le Maroc et la Commission européenne ont convenu de renforcer leur partenariat dans le domaine du transport aérien durable. Cet engagement a été pris lors d’une réunion bilatérale tenue en marge de la cinquième édition du Symposium mondial sur le soutien à la mise en œuvre (GISS 2026).
La rencontre a réuni le ministre marocain des Transports et de la Logistique, M. Mohamed Abdeljalil, et la commissaire européenne aux Transports, Mme Adina Vălean. Les discussions ont porté sur les moyens d’approfondir la coopération existante, dans le cadre de l’accord de ciel ouvert liant les deux parties.
Les projets structurants du Maroc
Au cours des échanges, le ministre Abdeljalil a présenté les principaux projets structurants engagés par le Royaume dans le secteur aérien. Il a mis en avant la stratégie nationale visant à réduire l’empreinte carbone du transport aérien, conformément aux objectifs de développement durable.
Cette stratégie s’appuie sur plusieurs piliers, notamment la modernisation de la flotte aérienne, l’optimisation des opérations au sol et en vol, ainsi que le développement des biocarburants durables pour l’aviation (SAF). Le ministre a également évoqué les efforts d’innovation et de recherche dans ce domaine.
Un cadre de coopération renforcé
Pour sa part, la commissaire européenne a salué les ambitions du Maroc et réaffirmé la volonté de l’Union européenne d’accompagner ces initiatives. La coopération envisagée couvrira plusieurs aspects techniques et réglementaires.
Elle inclut le partage d’expertise sur les normes environnementales, la gestion du trafic aérien écologique, et les mécanismes de marché comme le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE-UE). L’accent sera également mis sur le transfert de technologies vertes et la formation des professionnels.
Cette collaboration s’inscrit dans la feuille de route de la Déclaration de Rabat sur la connectivité aérienne, signée en 2022. Elle vise à aligner les politiques de transport aérien sur les engagements climatiques internationaux des deux parties.
Implications pour le secteur aérien marocain
Le renforcement de ce partenariat est de nature à consolider la position du Maroc en tant que plaque tournante aéronautique régionale. Il devrait faciliter l’accès des compagnies aériennes marocaines aux programmes de financement européens dédiés à la transition écologique.
Par ailleurs, cette coopération technique pourrait accélérer la mise en œuvre des projets d’infrastructures aéroportuaires durables au Maroc. Elle concerne aussi bien les aéroports internationaux que les plates-formes régionales.
Les autorités aéronautiques des deux côtés devront travailler à l’harmonisation des procédures, dans le respect des souverainetés nationales. L’objectif commun est de parvenir à une croissance du trafic aérien découplée de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
Les professionnels du secteur suivront de près l’évolution de ce dialogue, qui pourrait influencer les standards opérationnels et les investissements à venir. La compétitivité à long terme des acteurs marocains est en jeu dans cette transition verte.
Prochaines étapes et perspectives
Les deux parties ont chargé leurs équipes techniques d’élaborer un plan d’action concret dans les prochaines semaines. Ce document détaillera les modalités pratiques de la coopération renforcée, avec des échéances précises.
Une première réunion de suivi est prévue avant la fin du semestre, probablement sous forme de visioconférence. Les progrès réalisés seront évalués lors de la prochaine réunion du comité de l’accord de ciel ouvert Maroc-UE.
Parallèlement, le Maroc poursuivra ses consultations avec d’autres partenaires internationaux sur cette thématique. La feuille de route nationale pour la décarbonation du transport aérien devrait être finalisée d’ici la fin de l’année, intégrant les apports de ce nouveau cadre de coopération avec l’Europe.
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