Le service militaire constitue un chantier structurant pour la formation de la jeunesse et une réponse aux besoins du marché de l’emploi, a déclaré, jeudi à Rabat, Mohamed Idlamghiss, chef de Division à la Direction générale des Affaires intérieures du ministère de l’Intérieur. Ces propos ont été tenus dans le cadre d’un entretien accordé à l’agence MAP concernant l’opération de recensement relative au service militaire pour l’année 2026.
Le responsable a précisé que cette initiative s’inscrit dans la vision du Roi Mohammed VI, Chef Suprême et Chef d’État-major Général des Forces Armées Royales, qui a régulièrement souligné l’importance de ce processus national pour les jeunes générations. Selon lui, le service militaire permet aux citoyens de remplir leur devoir national tout en intégrant une institution disciplinée et en bénéficiant d’une formation professionnelle facilitant leur accès au monde du travail.
Partenariats et diversification des formations
Mohamed Idlamghiss a indiqué que, au-delà des spécialités enseignées dans les centres de formation des conscrits, des accords de partenariat ont été conclus entre les autorités militaires, plusieurs départements gouvernementaux et établissements publics. Ces collaborations couvrent des secteurs variés tels que l’agriculture, la pêche maritime, les transports, la formation professionnelle, les douanes, les chemins de fer et l’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT). L’objectif affiché est de diversifier l’offre de formation et d’améliorer l’insertion professionnelle des appelés.
Droits et conditions des appelés
Concernant les droits des recrues, le chef de division a détaillé plusieurs dispositions. Les appelés se voient attribuer un grade en fonction de leur niveau d’instruction et perçoivent une rémunération mensuelle nette d’impôt variant entre 1 050 et 2 100 dirhams. Ils bénéficient également d’une couverture médicale et d’un accès aux soins dans les hôpitaux militaires. La possibilité de participer à des concours administratifs ou autres durant la période de service leur est accordée.
Pour les fonctionnaires incorporés, le statut est préservé. Ils conservent leur salaire, leurs droits à l’avancement et à l’ancienneté, et ont l’assurance de réintégrer leur poste à l’issue de leur service militaire.
Perspectives d’insertion professionnelle
Les premières données relatives à l’insertion professionnelle des anciens appelés semblent positives, selon les déclarations du responsable. Une proportion significative d’entre eux, hommes et femmes, aurait intégré le marché du travail dans divers secteurs ou aurait lancé des projets personnels. Cette insertion est attribuée à la formation spécialisée et aux compétences acquises durant le service.
Modalités de recensement et critères
Le processus de recensement est supervisé par une commission centrale présidée par un magistrat à la Cour de cassation. Cette instance comprend des représentants de départements gouvernementaux, d’institutions militaires et d’instances de gouvernance. Son fonctionnement repose sur le principe d’égalité et cherche à garantir un équilibre spatial grâce à une automatisation totale, sans intervention humaine directe dans la sélection.
Les listes des personnes concernées sont ensuite transmises aux autorités locales, chargées d’informer les citoyens et de les inviter à remplir les formulaires de recensement via le site électronique dédié (www.tajnid.ma). En principe, le service militaire concerne les jeunes Marocains âgés de 19 à 25 ans.
Cas d’exemption prévus
Plusieurs motifs d’exemption sont prévus par la réglementation. Ils concernent principalement l’incapacité physique médicalement constatée, la situation de soutien de famille, la poursuite d’études, ou le fait d’avoir un frère ou une sœur déjà conscrit durant la même période.
Le système du service militaire est ainsi présenté comme une approche intégrée visant à former et à promouvoir les jeunes, à développer leurs capacités et à faciliter leur transition vers le marché de l’emploi.
Les prochaines étapes opérationnelles concernent la finalisation du recensement pour la cohorte 2026, avec une attention particulière portée à la communication vers les personnes éligibles. Le suivi des indicateurs d’insertion professionnelle des anciens appelés devrait également se poursuivre pour évaluer l’impact à moyen terme de ce dispositif sur l’employabilité des jeunes.
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