Filière cameline au Maroc : les éleveurs face aux défis de la sécheresse

Filière cameline au Maroc : les éleveurs face aux défis de la sécheresse

Rabat, Maroc — La filière cameline au Maroc, pilier de l’économie pastorale dans les régions désertiques, subit une pression croissante en raison de la sécheresse récurrente qui affecte les pâturages et les ressources en eau. Selon les données du ministère de l’Agriculture, le cheptel camelin national compte environ 180 000 têtes, concentrées principalement dans les provinces du Sud et de l’Est.

Le dromadaire occupe depuis des siècles une place centrale dans les espaces désertiques marocains, où il s’est imposé comme un animal emblématique par sa robustesse et sa capacité à produire du lait, de la viande et de la laine dans des conditions arides. Toutefois, les éleveurs signalent une réduction significative de la productivité, avec une baisse de la production laitière estimée à 30 % dans certaines zones touchées par le déficit pluviométrique.

Impact de la sécheresse sur les systèmes pastoraux

La sécheresse des dernières campagnes agricoles a entraîné une dégradation des parcours, obligeant les éleveurs à acheter des aliments complémentaires à des coûts élevés. Le prix du fourrage a augmenté de près de 40 % par rapport à l’année précédente, selon les témoignages recueillis auprès de coopératives camelines dans la région de Guelmim-Oued Noun.

Cette situation fragilise l’équilibre économique des familles qui dépendent exclusivement de l’élevage camelin. Les vétérinaires constatent également une hausse des maladies liées au stress hydrique, notamment les infections respiratoires et les troubles digestifs chez les jeunes animaux.

Mesures d’adaptation et initiatives gouvernementales

Le gouvernement marocain a mis en place un programme de soutien à la filière cameline dans le cadre du Plan Maroc Vert, reconduit dans la stratégie Génération Green 2020-2030. Ce programme comprend des subventions pour l’achat d’aliments, la création de points d’eau et la vaccination du cheptel.

En 2024, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a intensifié les campagnes de prophylaxie contre la brucellose et la fièvre aphteuse, visant à protéger la santé animale et à garantir la qualité des produits camélins destinés à la consommation humaine.

Perspectives pour la filière

Les acteurs de la filière misent sur la valorisation des produits dérivés, tels que le lait en poudre, le fromage et les cosmétiques à base de graisse cameline, pour diversifier les sources de revenus. Des projets pilotes de transformation sont en cours dans les régions de Laâyoune-Sakia El Hamra et de Dakhla-Oued Ed Dahab.

À l’horizon 2025, les autorités prévoient de renforcer les infrastructures de collecte et de réfrigération du lait dans les zones reculées, ainsi que la formation des éleveurs aux techniques de gestion des troupeaux face aux aléas climatiques. Ces mesures visent à assurer la résilience de la filière cameline et à maintenir son rôle socioéconomique dans les territoires sahariens.

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