Examen du bilan gouvernemental : l’opposition interroge les financements novateurs et le déficit en emplois

Examen du bilan gouvernemental : l’opposition interroge les financements novateurs et le déficit en emplois

Lors de la séance d’examen des réalisations du gouvernement tenue ce lundi à la Chambre des Conseillers, les groupes de l’opposition ont formulé de vives critiques à l’encontre de l’action de l’Exécutif, en présence du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch. Les débats ont principalement porté sur l’opacité entourant d’importants mécanismes de financement et sur le déficit en matière de création d’emplois par rapport aux engagements pris.

Le chef du groupe Haraki, M’barek Sbaï, a pointé du doigt le recours à des financements novateurs dont le montant a, selon lui, dépassé 120 milliards de dirhams au cours du mandat. Il a déploré l’absence de transparence concernant la liste des institutions publiques impliquées et les contreparties de ces opérations, ainsi que le manque de cadre juridique spécifique pour les encadrer.

Sbaï a également critiqué l’adoption d’un taux unique pour l’impôt sur les sociétés sans considération de leur taille ou de leurs spécificités. Il a lié l’augmentation des recettes de l’État à la flambée des prix sur les marchés, affectant directement le pouvoir d’achat des citoyens, comme en témoignent selon lui les protestations observées à travers le pays.

Le parlementaire a en outre alerté sur la hausse du nombre d’entreprises en situation de faillite ou menacées de l’être, notamment en raison de l’augmentation de plus de 60% du prix des hydrocarbures dans un contexte contractuel défavorable. Cette situation, a-t-il estimé, déséquilibre la classe moyenne et accentue les disparités territoriales.

Un objectif d’emploi non atteint

Youssef Aïdi, chef du groupe Socialiste – Opposition Ittihadie, a pour sa part axé son évaluation sur la promesse de création d’un million d’emplois nets faite par le gouvernement en 2021. En comparant cet engagement aux résultats présentés pour la période 2021-2025, il a constaté un écart d’environ 150 000 postes.

Le bilan officiel fait état de la création de près de 850 000 emplois sur cette période, soit une moyenne annuelle de 170 000, en deçà de l’objectif de 200 000 par an. Aïdi en a déduit qu’il existait un fossé important entre les engagements initiaux et leur exécution concrète.

Un dialogue social aux résultats décevants pour les syndicats

Du côté syndical, Noureddine Soulik, chef du groupe de l’Union Marocaine du Travail (UMT), a exprimé sa déception quant aux résultats du dialogue social. Il a estimé que les augmentations salariales obtenues durant le mandat avaient été « érodées » par l’inflation galopante.

Il a reproché au gouvernement de ne pas avoir pris de mesures préventives pour protéger le pouvoir d’achat, laissant selon lui les citoyens et la classe ouvrière faire face seuls à la spéculation et à la hausse continue des prix des produits et services essentiels.

L’UMT avait, à plusieurs reprises lors des rounds de dialogue, appelé à des mesures exceptionnelles telles que la suppression de la TVA sur certains produits, le plafonnement des prix des hydrocarbures et la régulation des marges bénéficiaires des entreprises. Le dernier cycle de discussions n’a, selon Soulik, donné aucune suite concrète à ces demandes.

La séance parlementaire a ainsi mis en lumière les principaux points de friction entre l’opposition, les partenaires sociaux et le gouvernement actuel. Les critiques portent sur la gestion économique, la transparence financière et l’efficacité des politiques sociales face à l’inflation.

La prochaine étape consistera en la présentation par le chef du gouvernement de ses réponses aux différentes interpellations. Le débat sur le bilan, qui se poursuivra dans les prochains jours, devrait également aborder les perspectives économiques et sociales pour la fin du mandat.

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