Affaire Karimine et El Badraoui : le procès en appel relancé à Casablanca

Affaire Karimine et El Badraoui : le procès en appel relancé à Casablanca

La chambre des crimes financiers de la Cour d’appel de Casablanca a entamé, vendredi, l’examen du dossier dit de « corruption de Bouznika ». Cette affaire implique plusieurs figures de la gestion locale et du monde des affaires. L’audience a été renvoyée au 19 juin à la demande des avocats de la défense, qui ont sollicité un délai supplémentaire pour préparer leurs arguments dans un dossier complexe et sensible.

Au cœur de cette affaire se trouvent Mohamed Karimine, ancien président de la commune de Bouznika, et Abdelaziz El Badraoui, ex-président du Raja Club Athletic et patron de la société Ozone, délégataire du secteur de la propreté. Un ancien ingénieur communal figure également parmi les accusés. Tous sont poursuivis pour des faits présumés de détournement de fonds publics, d’abus de pouvoir et de dysfonctionnements dans la gestion des marchés publics.

Un dossier emblématique des dérives de la gestion locale

L’affaire remonte à plusieurs années et s’inscrit dans une série d’enquêtes visant la gouvernance de certaines collectivités territoriales. Les investigations ont porté notamment sur les conditions d’attribution de marchés publics liés à la gestion des déchets, ainsi que sur d’éventuelles irrégularités dans l’exécution de contrats liant la commune à des prestataires privés.

Selon les éléments versés au dossier, les soupçons portent sur un système présumé de favoritisme et de gestion opaque. Des décisions administratives auraient été orientées au profit d’intérêts particuliers. Le rôle de la société délégataire, en charge de la propreté, a été scruté de près, dans un contexte où les montants engagés et les modalités contractuelles soulèvent des interrogations sur le respect des règles de concurrence et de transparence.

Des condamnations lourdes en première instance

En première instance, la justice avait rendu des verdicts particulièrement sévères. Mohamed Karimine a été condamné à sept ans de prison ferme, reconnu coupable de détournement de fonds publics et d’abus de fonction durant son mandat à la tête de la commune. Abdelaziz El Badraoui a écopé de six ans de prison ferme pour des faits liés à la gestion des marchés publics, bien qu’il ait été acquitté du chef d’accusation de faux en écriture.

L’ancien ingénieur communal, surnommé « le Tangérois », a été condamné à quatre ans de prison ferme. Ce verdict a été présenté comme le résultat d’un système d’irrégularités touchant plusieurs niveaux de la gestion locale.

Une nouvelle phase judiciaire très attendue

Le passage en appel ouvre désormais une nouvelle phase judiciaire, très suivie tant par l’opinion publique que par les observateurs du secteur. Outre les responsabilités individuelles, ce dossier soulève des questions plus larges sur les mécanismes de contrôle des collectivités territoriales, la transparence dans la gestion des deniers publics et les relations entre acteurs publics et opérateurs privés.

La prochaine audience, prévue en juin, devrait permettre d’entrer dans le fond d’un dossier qui continue de faire écho bien au-delà de la commune de Bouznika.

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