Le secrétaire d’État adjoint américain, Christopher Landau, effectuera une visite au Maroc et en Algérie du 27 avril au 1er mai 2025. Cette tournée s’inscrit dans le cadre des efforts de Washington pour relancer le processus de résolution du conflit du Sahara. Elle intervient alors que des membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont récemment effectué des déplacements dans la région et que des réunions sont prévues au Conseil à la fin du mois d’avril.
Rencontres diplomatiques à Alger et à Rabat
Selon le site officiel du secrétariat d’État américain, Christopher Landau rencontrera à Alger des responsables algériens pour discuter de l’approfondissement des relations bilatérales, des efforts conjoints en matière de sécurité régionale et de contrats commerciaux portant sur des projets avec des entreprises américaines. La visite se poursuivra au Maroc, où le diplomate américain s’entretiendra avec des responsables gouvernementaux et des chefs d’entreprise. Les discussions porteront sur le développement de la coopération dans les domaines technologique et spatial, ainsi que sur la coopération sécuritaire de longue date entre les deux pays.
Contexte régional et enjeux énergétiques
Cette tournée fait suite aux échanges entre Massad Boulos, conseiller spécial du président américain Donald Trump pour les affaires arabes et africaines, et le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, qui ont eu lieu en Turquie à la mi-avril. Elle intervient également après le lancement par l’Algérie d’un nouvel appel d’offres pétrolier et gazier, intitulé « Algeria Bid Round 2026 », lors d’une cérémonie à Alger en présence de représentants de compagnies énergétiques internationales. Sept blocs d’exploration sont proposés, susceptibles de contenir des centaines de millions de barils de pétrole et des réserves de gaz naturel. Cette ouverture économique, inhabituelle pour l’Algérie longtemps caractérisée par une quasi-autarcie, vise à valoriser ses ressources pour renforcer ses marges de manœuvre diplomatiques et économiques.
Préoccupations algériennes sur la MINURSO et le polisario
Selon des sources proches du dossier, l’Algérie exprime des craintes quant à un éventuel changement de mission de la MINURSO, la mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara, et quant à une modification de son appellation. Alger redoute également que le Front Polisario ne soit inscrit sur la liste américaine des groupes terroristes. À plus long terme, l’isolement diplomatique de l’Algérie, ses positions sur le dossier du Sahara et son rapprochement avec certains pays comme l’Iran sont perçus comme des facteurs de vulnérabilité. La conclusion de contrats commerciaux avec Washington est ainsi vue comme un moyen de se prémunir contre ces risques.
Prochaines étapes
La visite de Christopher Landau devrait permettre de clarifier les positions américaines sur les évolutions possibles du dossier saharien. Les discussions à Alger et à Rabat pourraient influer sur les prochaines réunions du Conseil de sécurité des Nations unies prévues fin avril, ainsi que sur l’avenir du mandat de la MINURSO. Aucune déclaration officielle n’a encore été faite concernant un calendrier précis de ces consultations.
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