Un responsable libanais a indiqué, mercredi, que plus de six semaines d’opérations militaires israéliennes au Liban ont entraîné la destruction ou l’endommagement de plus de 62 000 logements. Ces chiffres, présentés lors d’une conférence de presse, illustrent l’ampleur des destructions matérielles survenues depuis le début des hostilités.
Le secrétaire général du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS), Chadi Abdallah, a fourni un bilan détaillé. « En près de 45 jours (de guerre), nous avons recensé 21 700 logements détruits, et 40 500 endommagés », a-t-il affirmé. Cette évaluation couvre la période des frappes massives menées par Israël entre le 2 mars et l’entrée en vigueur d’une trêve le 17 avril.
Destructions pendant et après la trêve
Les opérations israéliennes n’ont pas été limitées aux périodes de conflit ouvert. Selon les estimations du CNRS, « 428 habitations ont été détruites au cours des trois premiers jours » de la trêve elle-même. Parallèlement, les autorités libanaises, des témoins et des images de l’AFP font état d’opérations de destruction de maisons à l’explosif dans des localités frontalières du sud du Liban occupées par Israël, empêchant le retour de leurs habitants.
Cette situation s’inscrit dans un conflit plus long. Le Hezbollah et Israël ont mené une guerre dévastatrice pendant plus d’un an, qui s’est achevée en novembre 2024 par un cessez-le-feu. Cependant, Israël a continué de mener des raids, notamment dans le sud du Liban, après cet accord.
Un bilan cumulé bien plus lourd
Lors de la même conférence de presse, la ministre libanaise de l’Environnement, Tamara el-Zein, a élargi la perspective temporelle. Elle a dénoncé une « destruction massive à tous les niveaux » de la part d’Israël depuis le début de la guerre précédente. Selon son estimation, « plus de 220 000 unités résidentielles » ont été entièrement ou partiellement détruites depuis l’année 2023.
La ministre a également accusé Israël de s’employer, dans le sud du pays, « à anéantir des quartiers résidentiels, des sites historiques et même des lieux de culte, y compris archéologiques ». Elle a en outre évoqué un « écocide » dans cette région, où des forêts, des terrains agricoles et des ressources en eau auraient subi des dégâts considérables.
Négociations et prochaines étapes
Face à cette situation, des pourparlers sont prévus. Une source officielle a indiqué à l’AFP, mercredi, que le Liban allait demander lors de discussions prévues jeudi avec Israël à Washington une extension de la trêve actuelle d’un mois. Cette demande intervient dans un contexte où la reconstruction semble impossible sans une période de stabilité durable.
Les prochains jours seront donc déterminants pour l’évolution de la situation sur le terrain. L’issue des pourparlers de Washington influencera directement la capacité des autorités libanaises et des organisations humanitaires à évaluer précisément les dégâts et à initier des travaux de secours et de reconstruction pour les dizaines de milliers de personnes affectées par la destruction de leurs logements.
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