Le Groupe de la Banque mondiale a publié un rapport intitulé « Diagnostic pays du secteur privé pour le Maroc », élaboré conjointement par ses différentes institutions. Ce document de référence identifie un potentiel d’investissements privés de 7,4 milliards de dollars dans quatre secteurs clés de l’économie marocaine.
Selon le rapport, publié le 15 mars 2025 à Rabat, ces secteurs sont l’industrie manufacturière, l’agriculture et l’agroalimentaire, les énergies renouvelables, ainsi que les technologies de l’information et de la communication. Le document précise que ces estimations reposent sur une analyse des chaînes de valeur, des besoins en infrastructures et des réformes réglementaires en cours.
Un diagnostic fondé sur des données de marché
Le Diagnostic pays du secteur privé (CPSD) a été réalisé à partir de données collectées auprès de 1 200 entreprises marocaines, ainsi que d’entretiens avec des responsables publics et des investisseurs étrangers. Il évalue les obstacles à l’investissement, notamment l’accès au financement, la complexité administrative et les coûts logistiques.
Le rapport indique que l’industrie manufacturière pourrait attirer 2,8 milliards de dollars, grâce à la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement mondiales et à la proximité du Maroc avec l’Europe. L’agriculture et l’agroalimentaire représenteraient 1,9 milliard de dollars, portés par la demande croissante en produits transformés et en bioénergie.
Les énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire, offrent un potentiel de 1,5 milliard de dollars, en lien avec les objectifs nationaux de transition énergétique. Enfin, le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) pourrait générer 1,2 milliard de dollars, soutenu par le développement des infrastructures numériques et la formation de talents locaux.
Réformes et conditions nécessaires
La Banque mondiale souligne que ces investissements ne se matérialiseront que si le Maroc poursuit ses réformes structurelles. Le rapport recommande notamment de simplifier les procédures de création d’entreprise, de réduire les délais de délivrance des permis, et d’améliorer la transparence des marchés publics.
Il mentionne également l’importance de renforcer l’État de droit et la protection des investisseurs, ainsi que de développer les compétences techniques dans les secteurs identifiés. Le document note que le Maroc a déjà progressé dans l’amélioration du climat des affaires, mais que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour atteindre les cibles fixées.
Selon les auteurs du rapport, le potentiel de 7,4 milliards de dollars correspond à environ 5 % du PIB marocain actuel. Il pourrait générer jusqu’à 200 000 emplois directs et indirects sur cinq ans, sous réserve de la mise en œuvre des réformes préconisées.
Réactions du gouvernement marocain
Le ministre de l’Économie et des Finances a salué la publication du rapport et indiqué que le gouvernement travaille déjà sur plusieurs des recommandations formulées. Il a précisé qu’un plan d’action intersectoriel sera présenté d’ici juin 2025, en coordination avec les partenaires internationaux.
Des représentants du secteur privé ont également réagi positivement, tout en appelant à une accélération des réformes administratives. La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a estimé que le diagnostic confirme des opportunités déjà identifiées par les opérateurs économiques.
Le rapport sera présenté lors d’un atelier de travail organisé le 10 avril 2025 à Casablanca, en présence de responsables de la Banque mondiale et d’investisseurs potentiels. Les détails chiffrés par sous-secteur et par région devraient être publiés dans une version complémentaire du document prévue pour le troisième trimestre 2025.
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