La Confédération démocratique du travail (CDT) a durci son discours à l’égard du gouvernement d’Aziz Akhannouch à l’occasion des célébrations du 1er Mai. Depuis Casablanca, la centrale syndicale a dénoncé une «crise sociale étouffante» et appelé à l’ouverture urgente d’un nouveau cycle de dialogue social avant la fin de la législature.
Le secrétaire général de la CDT, Khalid Alami El Houir, a dressé un constat sévère de la situation économique et sociale du Maroc. Il a souligné un décalage croissant entre les performances affichées par l’Exécutif et les conditions de vie réelles des citoyens. «Le Maroc vit une contradiction flagrante et permanente: les taux de croissance, l’augmentation des recettes publiques et les indicateurs présentés comme bilan gouvernemental ne se traduisent pas dans la vie des Marocains», a‑t‑il affirmé.
Un dialogue social jugé insuffisant
La CDT reproche au gouvernement une gestion ponctuelle, irrégulière et dépourvue d’engagements contraignants en matière de dialogue social. Khalid Alami El Houir a insisté: «Le dialogue social doit passer à une autre étape, tant sur le plan de la base juridique que de la régularité et du contenu, afin de traiter réellement les questions des salaires, de la protection sociale, des libertés syndicales et de la précarité.»
La centrale appelle à une institutionnalisation du dialogue social aux niveaux central, sectoriel et territorial. Elle exige des engagements exécutoires et un calendrier respecté, loin d’un processus qualifié de «circonstanciel et conjoncturel».
Pouvoir d’achat et protection des ménages
Dans un contexte marqué par la flambée des prix, la CDT place la question du pouvoir d’achat au centre de ses revendications. Elle estime que les politiques actuelles ont échoué à protéger les ménages face à l’inflation et à la hausse du coût de la vie. «Il n’y a aucun sens à parler d’équilibres financiers si cela ne se traduit pas par une protection réelle du pouvoir d’achat, une augmentation des revenus et une réduction de la pression fiscale», a martelé Khalid Alami El Houir.
La centrale syndicale revendique une augmentation générale des salaires et des pensions, une baisse de la fiscalité sur les salariés ainsi que des mesures fermes contre les pratiques spéculatives et les situations de rente.
La CDT rappelle que plusieurs engagements issus du dialogue social restent, selon elle, partiellement ou totalement inappliqués. Elle cite notamment l’accord du 30 avril 2022 et le procès‑verbal du 29 avril 2024. La centrale insiste sur la nécessité d’ouvrir un nouveau round de dialogue social avant l’élaboration du prochain projet de loi de finances. «Le gouvernement est appelé à ouvrir une nouvelle session de dialogue social avant la fin de son mandat», a déclaré Khalid Alami El Houir.
Choix économiques contestés
Outre les revendications sociales, la CDT accuse le gouvernement de privilégier les équilibres macroéconomiques au détriment de la justice sociale. «Le refus de répondre positivement aux revendications liées aux salaires et à la fiscalité traduit un alignement sur une logique financière, au détriment des travailleurs», a dénoncé le leader syndical.
Dans le cadre de sa mobilisation du 1er mai, la centrale appelle à une réorientation des priorités nationales. Elle insiste sur la lutte contre la corruption, la rente et les monopoles. Selon la CDT, seule une volonté politique claire permettra de restaurer la confiance et de répondre aux attentes des citoyens.
Prochaines étapes attendues
La CDT attend une réponse formelle du gouvernement avant la fin de la législature. La centrale syndicale prévoit de maintenir la pression par des actions de terrain si aucune avancée significative n’est enregistrée dans les semaines à venir. L’élaboration du prochain projet de loi de finances constitue une échéance clé pour l’ouverture d’un nouveau cycle de dialogue social.
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