Le gouvernement nigérian a officiellement convoqué l’ambassadeur d’Afrique du Sud à Abuja, à la suite d’une nouvelle vague de violences xénophobes visant des citoyens nigérians établis en Afrique du Sud. Cette démarche diplomatique a été annoncée samedi 15 mars par le porte-parole du ministère nigérian des Affaires étrangères.
Le haut-commissaire sud-africain est attendu lundi pour une rencontre avec des responsables nigérians. L’ordre du jour portera sur les « cas avérés de mauvais traitements infligés à des citoyens nigérians et d’attaques contre leurs commerces », selon la même source. Les discussions doivent également aborder les manifestations en cours organisées par divers groupes en Afrique du Sud, précise le porte-parole.
Le Nigeria entend exprimer sa profonde préoccupation face à ces événements nuisibles, a ajouté le ministère. Cette convocation intervient une semaine après que le Ghana a lui-même convoqué le représentant sud-africain à Accra, en raison de plusieurs incidents xénophobes visant des ressortissants ghanéens.
Rapatriement volontaire proposé aux Nigérians
Face à la montée des violences, les services consulaires nigérians en Afrique du Sud ont proposé un vol de rapatriement gratuit aux citoyens nigérians souhaitant quitter définitivement le territoire sud-africain. Cette initiative a été rapportée par les médias locaux, sans précision sur le nombre de bénéficiaires potentiels.
Les violences xénophobes en Afrique du Sud se sont intensifiées ces dernières semaines, ciblant principalement des commerces et des propriétés appartenant à des ressortissants d’autres pays africains, notamment nigérians et ghanéens. Des témoignages font état de pillages, d’incendies criminels et d’agressions physiques.
Réactions diplomatiques croissantes
La convocation de l’ambassadeur sud-africain par le Nigeria s’inscrit dans une série de mesures diplomatiques prises par plusieurs pays africains pour protester contre ces violences. Le Ghana avait déjà convoqué le représentant sud-africain à Accra la semaine dernière, exigeant des mesures concrètes pour protéger les ressortissants ghanéens.
Les autorités sud-africaines n’ont pas encore répondu officiellement à ces convocations. Le ministère sud-africain des Relations internationales n’a pas commenté les accusations de xénophobie, mais a réaffirmé son engagement à protéger tous les résidents étrangers sur son territoire.
Pour l’heure, la réunion prévue lundi à Abuja devrait permettre d’évaluer les mesures de protection existantes et d’envisager d’éventuelles actions conjointes entre les deux pays. Les observateurs s’attendent à ce que le Nigeria exige des garanties de sécurité pour ses citoyens, ainsi qu’une condamnation officielle des violences par Pretoria.
Aucun calendrier précis n’a été communiqué concernant d’éventuelles représailles diplomatiques, mais des sources proches du dossier indiquent que le Nigeria n’exclut pas de prendre des mesures si la situation ne s’améliore pas rapidement.
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