Le Maroc mise sur 3 500 MW de stockage pour sécuriser sa transition énergétique

Le Maroc mise sur 3 500 MW de stockage pour sécuriser sa transition énergétique

Le système électrique marocain connaît une mutation profonde. Avec 5 730 mégawatts (MW) de capacités renouvelables déjà installées, soit près de 47 % du mix électrique national, le Royaume cherche à renforcer la stabilité de son réseau. Pour accompagner l’essor de l’éolien et du solaire, les autorités misent sur un programme de stockage d’énergie d’une capacité totale de 3 500 MW, destiné à pallier l’intermittence des sources vertes.

Un objectif de 52 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2030

Le Maroc s’est fixé pour objectif de porter la part des énergies renouvelables à 52 % de sa capacité installée totale d’ici 2030. Actuellement, les parcs éoliens, solaires et hydrauliques représentent environ 5,7 GW de puissance raccordée. Ce cap nécessite des investissements massifs dans le stockage, afin d’éviter les déséquilibres entre production et consommation.

Selon des sources officielles du ministère de la Transition énergétique, le plan de stockage comporte plusieurs technologies. Il comprend à la fois des stations de pompage hydraulique, des batteries lithium-ion et des systèmes à air comprimé. Ces infrastructures doivent permettre de lisser la production solaire durant la nuit et de sécuriser l’approvisionnement lors des pics de demande.

Un appel d’offres international en préparation

L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) travaille actuellement sur le cahier des charges des premiers projets pilotes. Un appel d’offres international devrait être lancé d’ici la fin de l’année 2025, précisent des responsables du secteur. Les premières installations de stockage, d’une capacité cumulée d’environ 1 500 MW, sont attendues pour 2027.

Le financement de ce programme s’appuiera sur des partenariats public-privé et des fonds internationaux dédiés au climat. La Banque mondiale et la Banque européenne d’investissement ont déjà exprimé leur intérêt pour soutenir le développement de ces infrastructures.

Un enjeu de compétitivité industrielle

Au-delà de la sécurisation du réseau électrique, le stockage à grande échelle est perçu comme un levier pour attirer des industries à forte intensité énergétique. Plusieurs entreprises européennes et asiatiques étudient la possibilité d’implanter des usines de dessalement ou de production d’hydrogène vert au Maroc, à condition de disposer d’une électricité renouvelable stable et compétitive.

Les experts estiment que le coût du stockage par batterie a baissé de près de 40 % depuis 2020, rendant ces solutions plus abordables pour les pays émergents. Le Maroc, qui dispose déjà d’une expérience dans le solaire concentré avec la centrale Noor de Ouarzazate, pourrait devenir un pôle régional du stockage d’énergie.

Les premières évaluations techniques indiquent que les sites les plus propices aux stations de pompage se trouvent dans les régions du Moyen-Atlas et du Haut-Atlas, où les dénivelés naturels permettent de stocker l’eau à moindre coût. Pour les batteries, plusieurs parcs solaires en cours de développement dans le Sud pourraient être équipés de conteneurs de stockage.

Le déploiement complet des 3 500 MW de capacité de stockage devrait s’étaler jusqu’en 2035, en fonction des résultats des phases pilotes et de l’évolution des coûts technologiques. L’objectif est de faire du Maroc l’un des premiers pays africains à intégrer massivement le stockage dans son réseau électrique national.

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