Le Maroc a lancé un vaste programme de numérisation destiné à moderniser la gestion de son secteur de la pêche maritime. Cette initiative est pilotée par le secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime, dans le cadre d’une stratégie nationale de transformation numérique.
Ce chantier vise à améliorer la traçabilité des produits halieutiques, à optimiser le suivi des navires et à renforcer la collecte de données statistiques. Les autorités entendent ainsi accroître l’efficacité administrative et la transparence des opérations.
Un système intégré de gestion des ressources maritimes
Le projet prévoit le déploiement d’une plateforme numérique centrale reliant les différents acteurs de la filière, notamment les ports, les criées, les armateurs et les services de contrôle. Cette plateforme permettra un partage en temps réel des informations sur les débarquements, les quotas et les zones de pêche.
Selon le secrétariat d’État, cette modernisation devrait réduire les délais de traitement des demandes et limiter les risques d’erreurs humaines. Les premiers tests techniques sont attendus pour la fin de l’année 2025, avec un déploiement progressif dans les principales régions côtières du Royaume.
Des objectifs de durabilité et de compétitivité
Cette initiative s’inscrit dans le plan Halieutis, qui vise à placer le Maroc parmi les vingt premiers producteurs mondiaux de produits de la mer. La numérisation est présentée comme un levier clé pour garantir une exploitation durable des ressources et renforcer la compétitivité des exportations marocaines.
Le secteur halieutique représente environ 2 % du produit intérieur brut marocain et emploie plus de 600 000 personnes, directement et indirectement. Les autorités espèrent que la modernisation numérique permettra de mieux valoriser ces ressources sur les marchés internationaux.
Un volet de formation est également prévu pour accompagner les professionnels du secteur dans l’adoption des nouveaux outils numériques. Des sessions de sensibilisation seront organisées dans les ports de pêche les plus actifs, notamment à Agadir, Safi et El Hoceima.
Le secrétariat d’État n’a pas encore communiqué le budget total alloué à ce programme. Toutefois, des sources proches du dossier indiquent que plusieurs partenaires internationaux, dont la Banque mondiale, pourraient apporter un soutien technique et financier.
À terme, cette gouvernance numérique devrait également faciliter la mise en conformité avec les normes sanitaires et environnementales exigées par les marchés d’exportation de l’Union européenne. Les premières évaluations des bénéfices attendus seront réalisées à l’issue de la phase pilote.
Commentaires (0)
Laissez votre commentaire