Bank Al-Maghrib a indiqué, lors de la conférence de presse qui a suivi son deuxième Conseil de l’année 2026, que l’arrivée de la néobanque britannique Revolut sur le marché marocain n’est pas pour un avenir proche. Le wali de la Banque centrale a temporisé le dossier, renvoyant toute annonce à une date ultérieure sans fournir de calendrier précis.
Cette déclaration intervient alors que plusieurs observateurs s’attendaient à une décision imminente concernant la demande d’agrément déposée par Revolut auprès des autorités monétaires marocaines. Bank Al-Maghrib a précisé que le processus d’examen est en cours et que des consultations approfondies avec les parties prenantes restent nécessaires avant tout feu vert.
Contexte réglementaire et enjeux financiers
Revolut, forte de plus de 45 millions d’utilisateurs dans le monde, cherche à s’implanter au Maroc dans le cadre de sa stratégie d’expansion en Afrique du Nord. L’entreprise propose des services bancaires entièrement mobiles, notamment des comptes multidevises, des transferts internationaux, des cartes de crédit et des outils de gestion d’épargne.
Au Maroc, l’arrivée d’une telle fintech soulève des questions sur la concurrence avec les banques traditionnelles et sur l’adaptation du cadre légal aux modèles d’affaires numériques. Bank Al-Maghrib rappelle que tout agrément est soumis à des conditions strictes en matière de protection des consommateurs, de lutte contre le blanchiment d’argent et de respect des normes prudentielles.
Le wali a également mentionné que la Banque centrale étudie l’impact potentiel sur la stabilité du système financier marocain, notamment en ce qui concerne la gestion des flux de capitaux et la cybersécurité. Aucune date butoir n’a été fixée pour la conclusion de cette évaluation.
Réactions du secteur bancaire et perspectives
Les banques marocaines observent avec attention les démarches de Revolut, certaines exprimant des inquiétudes face à une concurrence accrue dans le segment des services numériques. Plusieurs institutions financières locales accélèrent leurs propres transformations digitales, tandis que des associations de consommateurs saluent une possible diversification de l’offre bancaire.
Aucun calendrier officiel n’a été communiqué par Revolut pour le lancement de ses opérations au Maroc. La société continue toutefois de recruter du personnel local et de nouer des partenariats techniques, selon des sources proches du dossier.
La décision de Bank Al-Maghrib devrait intervenir après l’achèvement de l’analyse réglementaire, potentiellement lors du prochain Conseil de la banque centrale. Pour l’heure, le marché marocain reste fermé à l’entrée de nouveaux acteurs non bancaires étrangers sans agrément préalable.
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