Tourisme d’affaires et de congrès : le Maroc fixe un objectif de 2,3 millions de visiteurs d’ici 2030

Tourisme d’affaires et de congrès : le Maroc fixe un objectif de 2,3 millions de visiteurs d’ici 2030

La ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor, a présenté, lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants, les grandes lignes de la stratégie nationale visant à développer le tourisme d’affaires et de congrès. Elle a fixé un objectif ambitieux : attirer 2,3 millions de visiteurs d’affaires à l’horizon 2030.

Intervenant le mardi 11 mars 2025, la ministre a répondu à une interrogation parlementaire portant sur la stratégie de développement d’espaces d’exposition conformes aux standards internationaux. Elle a souligné que le tourisme d’affaires représente un levier stratégique pour la diversification de l’offre touristique marocaine et pour le renforcement de l’attractivité du Royaume auprès des investisseurs et des organisateurs de congrès.

Un plan d’action fondé sur la modernisation des infrastructures

Selon Mme Ammor, le ministère a élaboré une feuille de route qui repose sur trois axes principaux. Le premier concerne la mise à niveau des centres d’exposition et des palais de congrès existants afin de les adapter aux normes internationales en matière de capacité, de technologies et de services. Le deuxième axe porte sur la création de nouveaux pôles dédiés dans les grandes métropoles du pays, notamment Casablanca, Marrakech et Rabat. Le troisième axe vise à renforcer la formation des professionnels du secteur pour offrir un accompagnement de qualité aux organisateurs d’événements.

La ministre a précisé que le Maroc ambitionne de figurer parmi les dix premières destinations mondiales pour le tourisme d’affaires d’ici 2030. Pour y parvenir, le gouvernement prévoit d’investir dans des infrastructures modernes capables d’accueillir des salons internationaux, des conférences et des congrès de grande envergure.

Un impact économique attendu

Le tourisme d’affaires et de congrès génère des retombées économiques importantes. Il permet non seulement d’augmenter les flux de visiteurs, mais aussi de stimuler les secteurs connexes tels que l’hôtellerie, la restauration, le transport et les services aux entreprises. La ministre a indiqué que chaque visiteur d’affaires dépense en moyenne 1,5 fois plus qu’un touriste de loisir, ce qui justifie l’intérêt stratégique de ce segment.

Par ailleurs, le développement de ces infrastructures s’inscrit dans le cadre plus large de la préparation du Maroc à l’organisation de la Coupe du Monde de football 2030, co-organisée avec l’Espagne et le Portugal. Ce mégaprojet devrait nécessiter la mise à disposition de nombreux espaces d’exposition et de congrès adaptés aux besoins des délégations, des médias et des partenaires internationaux.

Le rôle des collectivités locales

La ministre a également évoqué la participation des collectivités territoriales et des acteurs privés dans la réalisation de ces projets. Des partenariats public-privé sont encouragés pour financer la construction et la gestion des nouveaux centres. Les régions qui accueilleront ces infrastructures devront également développer des offres de séjour complémentaires, notamment des visites culturelles, des circuits gastronomiques et des activités de bien-être.

Interrogée sur les délais de mise en œuvre, Mme Ammor a affirmé que plusieurs projets sont déjà en phase d’étude ou de lancement. Elle a cité notamment l’extension du Palais des Congrès de Marrakech et la construction d’un nouveau parc des expositions à Casablanca. Ces projets devraient être opérationnels d’ici 2028 pour permettre au Maroc de tester sa capacité d’accueil lors de grands événements préparatoires à la Coupe du Monde.

Le Maroc mise donc sur le tourisme d’affaires pour diversifier son économie touristique et renforcer sa compétitivité internationale. L’objectif affiché de 2,3 millions de visiteurs d’affaires en 2030 représente une augmentation significative par rapport aux chiffres actuels. Les prochaines étapes prévoient une évaluation régulière de la progression des travaux et des indicateurs de performance, ainsi que des campagnes de promotion ciblées auprès des fédérations professionnelles et des organisateurs de congrès à l’étranger.

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