Le projet de transition vers un régime de ciblage de l’inflation par Bank Al-Maghrib (BAM) est entré dans sa phase finale de préparation. L’annonce a été faite par le wali de la banque centrale, Abdellatif Jouahri, lors d’une intervention récente. Cette réforme vise à moderniser la politique monétaire du Maroc et à renforcer sa crédibilité sur les marchés internationaux.
Un chantier stratégique pour la politique monétaire
Le ciblage de l’inflation est un cadre dans lequel une banque centrale annonce publiquement un objectif d’inflation à moyen terme et ajuste ses instruments pour l’atteindre. Actuellement, Bank Al-Maghrib utilise un régime de ciblage monétaire, avec une croissance de la masse monétaire comme objectif intermédiaire. Le passage au ciblage de l’inflation devrait offrir plus de flexibilité et de transparence.
Selon M. Jouahri, les travaux techniques et réglementaires nécessaires à cette transition sont quasiment achevés. Les équipes de BAM ont travaillé sur la modélisation économique, la communication et le cadre opérationnel. La banque centrale prévoit de tester le nouveau dispositif dans un environnement simulé avant son lancement effectif.
Calendrier et prochaines étapes
Le wali n’a pas fourni de date précise pour la mise en œuvre complète du nouveau régime. Il a toutefois indiqué que la phase de test devrait débuter dans les prochains mois. Les autorités monétaires devront également finaliser les consultations avec les acteurs financiers et les partenaires institutionnels.
Cette réforme s’inscrit dans un contexte de maîtrise de l’inflation au Maroc. En 2024, le taux d’inflation est revenu à des niveaux plus modérés après les pics enregistrés en 2022 et 2023. La banque centrale a maintenu un taux directeur stable pour soutenir la reprise économique tout en surveillant les pressions extérieures.
Implications pour l’économie marocaine
L’adoption du ciblage de l’inflation pourrait améliorer l’ancrage des anticipations d’inflation des agents économiques, ce qui faciliterait la planification des investissements et des dépenses. En clarifiant ses objectifs, BAM espère également renforcer la confiance des investisseurs étrangers et la notation souveraine du Maroc.
Plusieurs banques centrales de pays émergents ont déjà opéré cette transition avec succès. Les exemples de la Tunisie, de la Turquie et du Brésil sont souvent cités comme références. Le Maroc, de son côté, dispose d’une solide expérience en matière de réformes financières, notamment avec l’introduction du taux directeur en 2014.
Les experts estiment que le calendrier dépendra de la stabilité des marchés financiers internationaux et de l’évolution des prix des matières premières. La banque centrale devra aussi veiller à ce que les canaux de transmission de la politique monétaire soient suffisamment efficaces, notamment via le crédit bancaire et les taux d’intérêt.
À l’issue de la phase de test, Bank Al-Maghrib prévoit de publier un rapport détaillant les modalités opérationnelles et les objectifs chiffrés. Une communication renforcée auprès du public et des marchés est également attendue pour assurer une transition en douceur.
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