Gaza : l’envoyé de l’ONU met en garde contre un point de non-retour

Gaza : l’envoyé de l’ONU met en garde contre un point de non-retour

New York, 12 mars 2025 – L’envoyé spécial des Nations unies pour Gaza, Nikolaï Mladenov, a alerté mercredi devant le Conseil de sécurité sur les conséquences dramatiques d’un échec du plan de paix en cours pour l’enclave palestinienne. Il a prévenu que la situation pourrait atteindre un « point de non-retour » si le cessez-le-feu actuel venait à s’effondrer.

« Gaza n’a plus les moyens de supporter une nouvelle catastrophe », a déclaré M. Mladenov, soulignant que si la trêve était rompue et que la région replongeait dans une escalade généralisée, il n’y aurait « plus de feuille de route sur laquelle revenir, plus d’administration à déployer et plus rien sur le terrain à reconstruire ».

Cette mise en garde intervient alors que les négociations indirectes entre les parties palestiniennes et israéliennes, supervisées par l’Égypte et le Qatar, sont au point mort depuis plusieurs semaines. Les discussions portent notamment sur l’échange de prisonniers, l’ouverture des points de passage et le financement de la reconstruction de l’enclave, détruite en grande partie par les frappes israéliennes.

Un contexte humanitaire critique

Selon les données des agences onusiennes, près de 80 % de la population de Gaza dépend de l’aide humanitaire, tandis que le chômage touche plus de la moitié des actifs. Les infrastructures de base, notamment les réseaux d’eau et d’électricité, restent largement endommagées, entravant toute reprise économique durable.

Les autorités sanitaires locales font état de pénuries récurrentes de médicaments et d’équipements médicaux, tandis que les écoles fonctionnent en partie grâce à des financements internationaux, eux-mêmes menacés par la baisse des contributions de certains pays donateurs.

Les appels à la communauté internationale

Devant les membres du Conseil de sécurité, M. Mladenov a renouvelé son appel à une mobilisation internationale accrue pour éviter une nouvelle dégradation. Il a rappelé que le plan de paix élaboré par l’ONU, qui prévoit notamment la création d’un mécanisme de supervision du cessez-le-feu et un calendrier précis pour la reconstruction, nécessite un engagement politique fort de toutes les parties.

Plusieurs ambassadeurs présents ont soutenu cette position, insistant sur la nécessité de maintenir le dialogue et de ne pas laisser la population de Gaza payer le prix de l’impasse politique.

Quelles suites possibles ?

Les prochaines semaines seront décisives. Selon des sources diplomatiques, une nouvelle session de négociations pourrait être convoquée au Caire avant la fin du mois, à condition que les belligérants acceptent de revenir à la table des discussions.

En parallèle, les agences humanitaires préparent des plans d’urgence en cas de reprise des hostilités, tandis que l’ONU étudie la possibilité de déployer une mission technique chargée d’évaluer les besoins réels de reconstruction sur le terrain.

La question du financement de ces efforts demeure toutefois entière, les fonds déjà promis lors des conférences précédentes n’ayant été que partiellement décaissés. Le représentant de l’ONU a insisté sur l’urgence d’une solution politique globale, seule capable de garantir une stabilité durable dans la région.

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