Un homme a ouvert le feu mardi matin devant un lycée professionnel situé à Manisa, dans l’ouest de la Turquie, blessant au moins onze personnes, dont deux dans un état grave, avant d’être appréhendé par les forces de l’ordre. L’attaque s’est produite vers 08H00 heure locale (05H00 GMT), selon la chaîne de télévision privée NTV. Il s’agit du troisième drame de ce type en Turquie depuis le mois d’avril.
La police et les équipes médicales ont été déployées en nombre aux abords de l’établissement scolaire, situé près de la grande ville d’Izmir. Selon le bureau du gouverneur, l’auteur des tirs a été interpellé. Son identité n’a pas été immédiatement révélée par les autorités.
Déroulement de l’attaque
D’après les médias locaux, le suspect aurait ouvert le feu sans raison apparente avant de tenter de prendre la fuite. Les services d’urgence ont été informés de la présence d’étudiants parmi les blessés, a précisé l’agence de presse IHA. L’un des blessés se trouverait dans un état sérieux, a indiqué NTV.
Des images diffusées par les médias locaux montrent l’assaillant présumé, un jeune homme vêtu d’un jean noir, d’une veste noire et d’un haut vert. Une séquence de vidéosurveillance le montre courant dans une rue, serrant dans ses mains ce qui semble être un fusil. D’autres images montrent des policiers plaquant au sol un homme portant une chemise blanche, avant de le traîner à l’écart, tandis qu’une femme hurle dans une scène de grande confusion.
Les autorités ont renforcé la sécurité aux abords de l’établissement à la suite de l’incident.
Un contexte de violences scolaires préoccupant
Ce type d’incidents demeure rare en Turquie. Cependant, le pays a été profondément bouleversé cette année par deux tueries survenues coup sur coup. La première s’est déroulée dans un collège de Kharamanmaras, dans le sud du pays, où un adolescent de 14 ans a tué un enseignant et neuf enfants âgés de 10 et 11 ans. L’auteur, fils d’un policier en retraite, a été tué sur place. Cette tuerie, la plus grave jamais perpétrée en milieu scolaire en Turquie, avait entraîné le limogeage du vice-ministre de l’Éducation.
La seconde a eu lieu dans la province de Sanliurfa, dans le sud-est du pays, où un ancien élève a ouvert le feu dans son ancien lycée, blessant seize personnes avant de se donner la mort face aux policiers.
Le président Recep Tayyip Erdogan a depuis érigé ce sujet en priorité gouvernementale. Il avait déclaré que, dans des attaques similaires à travers le monde, notamment aux États-Unis, l’un des objectifs des auteurs est de terroriser la société. Il avait également annoncé de nouvelles mesures, incluant des restrictions sur la possession d’armes à feu.
Selon une fondation locale, des dizaines de millions d’armes à feu seraient en circulation en Turquie, la plupart de manière illégale.
Mesures de sécurité et réactions officielles
Les événements de mardi interviennent au lendemain de la signature, par les ministres de l’Éducation Yusuf Tekin et de l’Intérieur Mustafa Ciftci, d’un protocole de sécurité pour l’année scolaire 2026-2027, qui a débuté le 14 septembre. Mustafa Ciftci a déclaré qu’il souhaitait rappeler à chacun la nécessité de faire preuve d’une extrême vigilance cette année, afin que de telles souffrances ne se reproduisent jamais.
Le ministre a fait état de 31 000 agents chargés de la surveillance des établissements scolaires dans l’ensemble du pays. Le ministère de l’Intérieur a également affecté de manière permanente des policiers à certains établissements classés à haut risque. D’autres établissements se sont vu attribuer des agents de liaison de la police, en coordination avec les directions scolaires.
Les unités de police chargées de la sécurité, de l’ordre public, des stupéfiants et des mineurs doivent effectuer des patrouilles régulières autour des écoles. Les cybercafés, salles de jeux et autres lieux fréquentés par les élèves feront l’objet d’inspections périodiques, a détaillé Mustafa Ciftci. Les autorités doivent également inspecter les bus scolaires et examiner les bâtiments abandonnés situés à proximité des écoles dans le cadre des nouvelles mesures.
L’enquête se poursuit afin d’établir les circonstances exactes de l’attaque et le mobile du suspect. Les autorités devraient communiquer de plus amples informations dans les prochaines heures, tandis que les mesures de sécurité renforcées demeurent en vigueur autour des établissements scolaires de la région.
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