Le président américain Donald Trump a signé, mardi 23 septembre, au siège des Nations unies à New York, un accord de sécurité tripartite avec le Danemark et le Groenland. Cet accord confère aux États-Unis un contrôle permanent de la sécurité du territoire arctique, selon les termes rapportés par la présidence américaine.
La cérémonie s’est tenue en marge de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Elle a réuni Donald Trump, la Première ministre danoise Mette Frederiksen et le chef du gouvernement groenlandais Jens-Frederik Nielsen.
Deux bases militaires majeures annoncées
Dans son discours devant l’Assemblée générale, le président américain a annoncé le déploiement de forces armées et la construction de deux bases militaires d’envergure au Groenland. Selon les précisions fournies, ces infrastructures seront établies à Narsarsuaq, dans le sud du territoire, et à Mestersvig, dans l’est.
« Nous allons immédiatement commencer à développer une présence militaire importante dans les endroits pertinents », a déclaré Donald Trump devant les représentants des États membres. Il a ajouté que Washington édifierait « deux bases militaires très majeures ».
Le président américain a présenté cet accord comme sans précédent pour la frontière septentrionale de l’Amérique du Nord. Il a qualifié le Groenland d’étendue de terre vaste et stratégiquement vitale.
Un contrôle destiné à écarter les adversaires de Washington
Selon les termes de l’accord tripartite, les États-Unis disposeront d’un contrôle permanent sur la sécurité du Groenland. Ce dispositif vise en particulier à empêcher tout adversaire de Washington d’établir une présence militaire sur le territoire ou d’y réaliser des investissements jugés sensibles.
L’accord avait été annoncé pour la première fois par Donald Trump le vendredi précédant la signature. Il s’inscrit dans le cadre du projet de l’administration américaine visant à déployer le « Golden Dome », un vaste système de bouclier antimissile destiné à protéger le territoire des États-Unis.
Le Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark, occupe une position géographique stratégique entre l’Amérique du Nord et l’Europe. Il constitue également un point d’intérêt pour les routes maritimes arctiques, dont l’importance s’accroît avec le recul de la banquise.
Réactions et portée de l’accord
Les autorités danoises et groenlandaises n’ont pas immédiatement publié de déclaration détaillée sur les modalités d’application de l’accord. Le texte signé n’a pas été rendu public dans son intégralité à l’heure de la rédaction de cet article.
Des interrogations subsistent sur le financement des bases, sur le statut juridique des forces américaines stationnées au Groenland et sur le rôle des institutions locales dans la mise en œuvre du dispositif.
La question de la souveraineté danoise sur le Groenland n’a pas été remise en cause par l’accord, selon les éléments communiqués. Le contrôle confié aux États-Unis porte sur la sécurité du territoire, et non sur son administration civile.
À Copenhague comme à Nuuk, les débats sur l’équilibre entre coopération de défense et autonomie stratégique devraient se poursuivre dans les prochaines semaines.
Prochaines étapes
Washington a indiqué son intention d’entamer sans délai les travaux préparatoires en vue du déploiement militaire. Les deux bases de Narsarsuaq et Mestersvig devraient faire l’objet d’études techniques et d’évaluations environnementales avant le lancement des chantiers.
Le calendrier précis des travaux et le nombre de militaires américains affectés au Groenland n’ont pas été communiqués. Les modalités de coopération avec les forces danoises et groenlandaises restent à définir.
Le projet de bouclier antimissile « Golden Dome », qui constitue le cadre stratégique de cet accord, doit encore faire l’objet d’arbitrages budgétaires au Congrès américain. Son déploiement complet s’étalerait sur plusieurs années.
Les autorités danoises devraient soumettre le texte à l’examen du Parlement dans les prochaines semaines. Un débat au Folketing, le parlement danois, est attendu sur les implications de cet accord pour la souveraineté et la sécurité du royaume.
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