Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande Marlaska, a indiqué que la ville de Sebta compte environ 2400 mineurs non accompagnés. Lors d’une visite dans la ville occupée, il a précisé que les autorités espagnoles privilégient le regroupement familial vers le Maroc. Cette déclaration intervient alors que le Maroc réclame depuis août le retour rapide de ces mineurs auprès de leurs familles.
Coopération marocaine saluée par Madrid
Fernando Grande Marlaska a défendu l’action et la coopération du Maroc dans la gestion de ce dossier migratoire. « Le Maroc coopère de manière extraordinaire », a-t-il déclaré, ajoutant que les autorités marocaines « laissent la porte ouverte » aux retours volontaires qui se déroulent quotidiennement.
Ces propos font suite à ceux du ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, qui avait également salué l’engagement du Royaume. Selon Marlaska, aucun élément de preuve n’a été fourni pour étayer les accusations de certains milieux politiques espagnols mettant en cause le Maroc.
Enregistrement des mineurs et regroupement familial
Le ministre espagnol a tenté d’expliquer le retard dans l’enregistrement des mineurs non accompagnés. Il a affirmé que le gouvernement de Sebta n’avait pas nommé le représentant de l’administration autonome indispensable à ce processus. Il a toutefois souligné que la priorité serait donnée au regroupement familial dans leur pays d’origine.
Marlaska a réagi aux déclarations de la ministre de l’Enfance et de la Jeunesse, Sira Rego, qui avait estimé que la plupart des mineurs resteraient en Espagne. Il a précisé que seuls ceux se trouvant en situation de vulnérabilité demeureraient sur le territoire espagnol.
Demandes d’asile et retours
Concernant les migrants adultes, le ministre a indiqué que 105 triages sont effectués chaque jour à Sebta. Il a affirmé que moins de 1 % des demandes d’asile sont acceptées, ce qui signifie que la grande majorité des demandeurs sera renvoyée. Selon lui, 94 % des demandes déposées avant juillet, soit avant les événements migratoires, avaient déjà été rejetées.
Le ministre a ajouté que ce taux de rejet commençait à décourager les migrants. Il a également abordé le Pacte européen en matière de protection et d’asile, précisant avoir insisté auprès du commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations, Magnus Brunner, pour modifier la réglementation relative aux situations de crise et au retour.
L’objectif affiché est de raccourcir les délais de traitement pour passer sous la barre des douze semaines maximales, dont six semaines pour les procédures administratives et six semaines pour les procédures judiciaires.
Perspectives
Les discussions entre Madrid et Rabat sur le retour des mineurs non accompagnés devraient se poursuivre dans les prochaines semaines. Le gouvernement espagnol, en préparation d’une année électorale, reste sous pression sur ce dossier, tandis que le Maroc maintient sa demande de retour rapide des mineurs auprès de leurs familles. Les modalités pratiques du regroupement familial et l’évolution des taux de rejet des demandes d’asile seront des points de suivi importants.
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