Élections 2026 : l’ADFM dénonce des conditions discriminatoires pour l’investiture des femmes

Élections 2026 : l’ADFM dénonce des conditions discriminatoires pour l’investiture des femmes

À l’approche des échéances électorales de 2026, la question de la « tazkiya », l’investiture des candidats par les partis politiques, refait surface au Maroc. Cette fois, ce sont des voix féminines qui s’élèvent pour dénoncer des pratiques jugées discriminatoires. L’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) a exprimé son indignation face à ce qu’elle considère comme une marchandisation de l’investiture des femmes.

Dans un communiqué rendu public ce mercredi, l’ADFM a tiré la sonnette d’alarme sur les conditions entourant l’investiture des candidates aux prochaines élections. L’association affirme que des témoignages concordants font état de demandes de contributions financières excessives, voire de dons en nature, pour obtenir une place éligible sur les listes électorales.

Des pratiques contraires à la loi

Selon l’ADFM, ces pratiques sont en violation flagrante des dispositions légales régissant les campagnes électorales et l’égal accès aux fonctions électives. L’association rappelle que la Constitution marocaine de 2011 garantit l’égalité entre hommes et femmes dans l’accès aux mandats électoraux et aux fonctions publiques.

Le phénomène, s’il venait à se confirmer, porterait un coup sérieux à la représentativité politique des femmes au Maroc. Alors que le pays a connu une progression significative de la présence féminine au Parlement, passant de 10,5% en 2002 à environ 23% lors des dernières élections, ces pratiques risquent de compromettre les acquis.

Un système de quotas fragilisé

L’ADFM souligne que les listes réservées aux femmes, instituées par la loi électorale, sont devenues un enjeu stratégique pour les partis. Ces listes, souvent considérées comme plus faciles à gagner, attirent des convoitises et peuvent faire l’objet de tractations opaques.

L’association appelle les autorités compétentes et les instances de contrôle à enquêter sur ces allégations et à prendre les mesures nécessaires pour garantir des élections transparentes et équitables. Elle exhorte également les partis politiques à respecter leurs propres statuts et règlements intérieurs en matière de désignation des candidats.

La société civile en alerte

Plusieurs autres organisations de la société civile ont emboîté le pas à l’ADFM, demandant la mise en place d’un observatoire indépendant pour suivre le processus d’investiture. Cette mobilisation intervient dans un contexte où la participation politique des femmes reste un défi majeur malgré les progrès législatifs.

La loi organique relative aux élections prévoit des sanctions en cas de corruption électorale, mais leur application demeure limitée. Les observateurs notent que la faiblesse des contrôles internes au sein des partis politiques favorise ces dérives.

Le ministère de l’Intérieur, en charge de l’organisation des élections, n’a pas réagi aux déclarations de l’ADFM à ce stade. Cependant, une source proche du dossier indique que des instructions auraient été données aux gouverneurs pour veiller au respect strict des procédures lors de l’enregistrement des candidatures.

À l’approche de l’ouverture officielle du processus électoral, prévue selon le calendrier annoncé par le gouvernement, toutes les parties prenantes sont invitées à faire preuve de responsabilité. La prochaine étape cruciale sera la validation des listes par les autorités locales, où pourrait se jouer une partie de la transparence de ces scrutins.

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