Santé au Maroc : les infirmiers dénoncent les obstacles à l’évolution de carrière dans la réforme de l’enseignement supérieur

Santé au Maroc : les infirmiers dénoncent les obstacles à l’évolution de carrière dans la réforme de l’enseignement supérieur

Les infirmiers et techniciens de santé au Maroc expriment leur mécontentement face aux dispositions de la réforme de l’enseignement supérieur, qui selon eux, entravent leur progression professionnelle. Cette mobilisation intervient alors que le gouvernement s’apprête à finaliser le cadre légal régissant les filières de santé.

Lors d’une rencontre tenue mercredi à Rabat, les représentants syndicaux du secteur ont dénoncé les « barrières » contenues dans le projet de loi-cadre relatif à l’enseignement supérieur, qui limite l’accès des infirmiers diplômés aux cycles de formation avancée. Les intéressés estiment que ces restrictions compromettent leur capacité à accéder à des postes de responsabilité ou à des spécialisations médicales.

Des revendications précises

Les syndicats réclament notamment l’intégration des infirmiers dans les passerelles de formation continue et la reconnaissance de leur expérience professionnelle dans l’équivalence des diplômes. Selon un porte-parole du collectif, le texte actuel ne permet pas aux titulaires d’un diplôme de technicien de santé de poursuivre des études en médecine ou en pharmacie, même après plusieurs années d’exercice.

Cette situation, ajoutent-ils, crée une inégalité de traitement avec d’autres corps de la fonction publique, où des dispositifs de validation des acquis existent. Les infirmiers demandent donc une révision des articles concernés, avant l’adoption définitive du texte par le Parlement.

Un impact direct sur le système de soins

Les professionnels de santé alertent sur les conséquences de cette réforme sur la qualité des soins. Le manque de perspectives d’évolution risque de décourager les jeunes diplômés à rejoindre le secteur public, déjà confronté à une pénurie de personnel qualifié dans plusieurs régions du Royaume.

En 2023, le ministère de la Santé a recensé un déficit de près de 15 000 infirmiers, un chiffre qui pourrait s’aggraver si les conditions de carrière ne sont pas améliorées. Les syndicats appellent à un dialogue social élargi avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, ainsi qu’avec le département de la Santé.

Des négociations en cours

Des sources proches du dossier indiquent que des réunions bilatérales sont prévues dans les prochaines semaines entre les syndicats et les autorités de tutelle. Les discussions porteront notamment sur les critères d’accès aux études supérieures, la durée des formations et l’harmonisation des référentiels de compétences.

Pour l’heure, aucune date officielle n’a été annoncée pour la présentation du texte final en Conseil de gouvernement. Les syndicats préviennent toutefois qu’ils maintiendront leur mobilisation jusqu’à l’obtention d’avancées concrètes.

Cette controverse s’inscrit dans un débat plus large sur la modernisation de la formation aux métiers de la santé au Maroc, un axe prioritaire du plan national de couverture sanitaire élargie à l’horizon 2025.

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