Le Maroc a déjoué 73 640 tentatives d’émigration irrégulière au cours de l’année 2025, selon des données officielles rendues publiques. Ces opérations ont mobilisé les dispositifs de surveillance des frontières terrestres et maritimes du Royaume dans un contexte régional marqué par une pression migratoire constante.
Selon les mêmes sources, plus de 300 réseaux de trafic de migrants ont été démantelés durant la même période. Ces réseaux, qui adaptent continuellement leurs méthodes et mutualisent leurs activités criminelles, constituent une menace persistante pour la sécurité des frontières marocaines.
Secours en mer et retours volontaires
Dans le cadre de ces opérations, 13 595 migrants ont été secourus en mer. Ils ont bénéficié d’une prise en charge incluant assistance, accompagnement médical, hébergement et orientation, dans le cadre d’une gestion humanisée des frontières.
Par ailleurs, 4 372 migrants en situation irrégulière ont bénéficié de retours volontaires vers leurs pays d’origine. Ces retours ont été organisés dans le respect de leurs droits et de leur dignité, en coordination avec leurs représentations diplomatiques.
Ces chiffres traduisent une inflexion stratégique significative et consacrent l’efficacité de la stratégie marocaine de lutte contre les réseaux de trafic de migrants. La baisse notable des interceptions atteste d’un recul progressif des flux irréguliers, reflétant un tarissement graduel de la route migratoire transitant par le Maroc.
Reconfiguration des flux à l’échelle régionale
Toutefois, cette évolution ne signifie nullement un relâchement de la pression migratoire à l’échelle régionale. Celle-ci se reconfigure, avec un déplacement des flux vers d’autres points de départ, notamment en Afrique de l’Ouest et dans certains pays du sud de la Méditerranée.
Cette dynamique appelle à une lecture globale et coordonnée du phénomène migratoire. Le Royaume demeure pleinement engagé dans une approche humaniste de la gestion migratoire, comme en témoigne le nombre important des retours volontaires organisés dans des conditions sûres, ordonnées et respectueuses de la dignité des personnes.
Cette approche illustre l’équilibre entre fermeté et responsabilité qui caractérise la politique migratoire marocaine.
Coopération sécuritaire avec l’Espagne
Par ailleurs, la coopération sécuritaire entre le Maroc et l’Espagne contre le terrorisme est devenue un modèle à suivre. Elle repose sur la volonté des deux pays de contrer l’extrémisme violent.
Ainsi, 41 opérations conjointes ont été menées depuis 2014 par les deux pays. Elles ont conduit à l’interpellation de 174 personnes liées au terrorisme, dont une grande partie, soit 112 personnes, en territoire espagnol.
Dans ce cadre, l’Espagne a toujours loué l’efficacité de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST). Cette instance est engagée dans l’effort soutenu pour juguler la menace induite par les réseaux terroristes liés à l’internationale combattante et les filières de recrutement des jihadistes.
Perspectives
Les autorités marocaines devraient poursuivre leurs efforts de surveillance des frontières et de lutte contre les réseaux de trafic de migrants au cours des prochains mois. La coopération avec les partenaires régionaux et internationaux, notamment l’Espagne, devrait également se maintenir face aux menaces persistantes liées à la migration irrégulière et au terrorisme.
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