Le Parti authenticité et modernité (PAM) a lancé, dimanche à Tinghir, sa campagne électorale dans la province, lors d’un meeting auquel ont notamment participé Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du parti, Fatima Saïdi, membre de la direction collégiale, et Salah Eddine Abkari, président de l’organisation de la jeunesse du PAM, ainsi que plusieurs responsables provinciaux et régionaux.
À cette occasion, Lekjaa a affirmé que la bataille pour le pouvoir d’achat constituerait le cœur du programme législatif du parti pour la prochaine mandature.
Dans son intervention, Fouzi Lekjaa a reconnu que l’État avait consenti un important effort financier et social au cours de la précédente législature, estimé à 280 milliards de dirhams.
Cette enveloppe a notamment servi à revaloriser les salaires et le salaire minimum dans les secteurs industriel et agricole, ainsi qu’à instaurer l’aide sociale directe de 500 dirhams par famille.
Toutefois, ce montant considérable ne s’est pas traduit par un réel soulagement dans les foyers marocains, a-t-il relevé, estimant que la hausse des prix et le coût de la vie ont empêché les citoyens d’en ressentir les effets et ont même effacé une grande partie de l’impact de ces mesures sur le pouvoir d’achat quotidien.
C’est précisément à partir de ce constat que le PAM entend faire de l’accès aux produits de première nécessité à des prix abordables une priorité.
Lekjaa a également évoqué la place symbolique du marché dans le quotidien des Marocains, rappelant que faire ses courses et acheter les besoins de la famille constituaient pour les Marocains un véritable jour de fête.
Le PAM, a-t-il assuré, entend redonner cette satisfaction aux ménages et faire en sorte que la caisse de provisions reste à la portée de tous.
Engagements sociaux et fiscaux
Sur le volet social, le membre du bureau politique du Tracteur a présenté plusieurs engagements qu’il considère comme un test de la crédibilité du parti.
Le PAM propose notamment que la pension des retraités ne puisse être inférieure à 3 000 dirhams par mois, au nom du principe selon lequel ceux qui ont consacré des années au service du pays ne doivent pas se retrouver dans une situation précaire une fois à la retraite.
Le parti préconise également de porter l’aide sociale directe minimale de 500 à 1 000 dirhams au profit des familles dans le besoin, avec la possibilité de l’augmenter davantage.
Lekjaa a toutefois insisté sur la nécessité de revoir le critère d’éligibilité : l’aide devrait être calculée sur la base du revenu réel de la famille, et non sur des indicateurs formels liés, par exemple, à la possession d’un téléphone ou d’une motocyclette.
Une personne dans le besoin devrait ainsi pouvoir bénéficier de l’aide même si elle travaille et dispose de revenus complémentaires.
Dans le même registre, le responsable gouvernemental chargé du Budget lors de la législature écoulée a fait état de l’orientation du parti en faveur d’un allègement de l’impôt sur le revenu pour les salariés des secteurs public et privé.
L’objectif serait d’exonérer certaines catégories et de réduire la pression fiscale sur d’autres, afin d’améliorer le revenu net des ménages et leur capacité à faire face aux dépenses courantes.
Santé, emploi, eau et énergie
Fouzi Lekjaa a également abordé plusieurs secteurs essentiels à la vie quotidienne.
Dans la santé, il a appelé à accélérer la réforme afin que le patient puisse bénéficier, dès son arrivée à l’hôpital, de services de santé garantissant sa dignité.
Sur l’emploi, il a insisté sur l’importance d’accompagner les jeunes qui ne poursuivent pas un parcours académique distingué, notamment à travers la formation professionnelle, l’aide à la création de leurs premières entreprises et leur intégration dans le tissu économique national.
La question de l’eau, particulièrement sensible dans une région comme Tinghir, a également occupé une place importante dans son intervention.
Lekjaa a plaidé pour une vision stratégique de long terme garantissant la sécurité hydrique des citoyens ainsi que des activités économiques et agricoles, en rappelant notamment les spécificités de la culture du palmier dans la province.
Il a établi un lien entre cette problématique et celle de l’énergie, appelant à exploiter davantage le potentiel solaire et éolien du Maroc afin de renforcer la sécurité énergétique et de fournir l’électricité à un coût abordable.
Dans ce cadre, il a proposé que l’État prenne en charge la facture d’électricité des ménages pauvres à faible consommation, estimant que les familles dont la facture ne dépasse pas 100 dirhams par mois devraient en être exonérées.
Réduction des disparités territoriales
En conclusion, Fouzi Lekjaa a abordé la question des disparités territoriales, considérant que la réduction de ce qu’il a qualifié de Maroc à deux vitesses constitue une priorité nationale.
Nous sommes convaincus que le Maroc avance à deux vitesses, a-t-il déclaré, avant d’affirmer depuis la tribune de la campagne électorale à Tinghir que l’ambition du PAM est de parvenir à une seule vitesse de développement pour faire du Maroc un pays émergent.
Ces propositions interviennent dans le cadre de la campagne électorale du parti, qui devra les intégrer à son programme législatif en vue des prochaines échéances.
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