Israël menace de frapper le poste-frontière de Masnaa, point de passage vital entre le Liban et la Syrie

Israël menace de frapper le poste-frontière de Masnaa, point de passage vital entre le Liban et la Syrie

Le principal poste-frontière terrestre entre le Liban et la Syrie, Masnaa, est fermé ce dimanche après que l’armée israélienne a annoncé son intention de le frapper dans un avenir proche. Cette menace intervient dans un contexte d’escalade des hostilités au sud du Liban, où de nouveaux bombardements ont fait des victimes samedi.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux samedi soir, le porte-parole de l’armée israélienne en langue arabe, Avichay Adraee, a justifié cette intention par l’utilisation présumée du poste par le Hezbollah à des fins militaires et pour le passage clandestin de matériel de combat. Il a exhorté les civils à quitter la zone.

Une source de la sécurité libanaise à Masnaa a confirmé à l’Agence France-Presse que le poste-frontière était en cours d’évacuation suite à cette menace. Côté syrien, les installations étaient pratiquement désertes à l’aube dimanche, avec seulement quelques gardes encore présents, selon un correspondant de l’AFP.

Déni syrien et fermeture préventive

Les autorités syriennes ont démenti toute utilisation militaire du point de passage. Mazen Aloush, directeur des relations publiques de l’Autorité générale des frontières et des douanes, a affirmé que ce poste, connu en Syrie sous le nom de Jdeidet Yabous, était exclusivement réservé à un usage civil. Il a néanmoins annoncé la suspension temporaire de la circulation par mesure de précaution pour la sécurité des voyageurs, en attendant que les risques potentiels se dissipent.

Un axe économique vital

Le poste-frontière de Masnaa constitue une voie commerciale essentielle pour le Liban et la Syrie. Il s’agit de la principale porte d’entrée terrestre du Liban vers le reste de la région. Les deux pays sont reliés par six postes-frontières officiels, auxquels s’ajoutent des dizaines de points de passage illégaux.

Ce n’est pas la première fois que cette infrastructure est ciblée. Israël l’avait déjà bombardée en 2024 lors de précédents affrontements avec le Hezbollah, perturbant le trafic transfrontalier pendant plusieurs semaines avant que des travaux de réparation ne soient achevés.

Contexte d’une escalade régionale

Cette menace de frappe survient au lendemain d’une journée de violents combats au sud du Liban. Samedi, des bombardements israéliens dans la région ont tué sept personnes et fait plus de quarante blessés, selon le ministère libanais de la Santé. L’armée israélienne a pour sa part annoncé la mort d’un de ses soldats dans les combats de la journée.

Le Liban a été entraîné dans un cycle de violence avec Israël le 2 mars dernier, après que le Hezbollah a tiré des roquettes en représailles à une attaque américano-israélienne ayant coûté la vie au guide suprême iranien, Ali Khamenei.

Selon le dernier bilan officiel libanais datant de samedi, les frappes israéliennes ont tué 1 422 personnes au Liban depuis le début des hostilités, dont 126 enfants, et provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes. Côté israélien, l’armée déplore la perte de onze soldats, dont celui tombé samedi. Fin mars, trois Casques bleus indonésiens de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) ont également été tués.

Évacuations civiles

Parallèlement à la menace sur Masnaa, l’armée israélienne a ordonné samedi soir aux habitants de la localité de Kfar Hatta, située dans le sud du Liban à environ 40 kilomètres de la frontière, d’évacuer en prévision de frappes imminentes. Des vidéos circulant sur internet ont montré des embouteillages et des civils fuyant la zone par la route.

La fermeture du poste-frontière de Masnaa, si elle se prolonge, risque d’avoir des conséquences économiques significatives pour le Liban, déjà en proie à une crise profonde, et d’affecter les échanges avec la Syrie. Les autorités des deux pays surveillent la situation, tandis que la communauté internationale suit avec inquiétude cette nouvelle flambée de tensions à la frontière israélo-libanaise.

Commentaires (0)

Laissez votre commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.