Les marchés pétroliers ont ouvert en forte hausse dimanche, avec les deux références mondiales, le Brent et le WTI, dépassant le seuil symbolique de 110 dollars le baril. Cette poussée des prix intervient dans un contexte de prolongation du conflit au Moyen-Orient et de menaces persistantes sur les voies d’approvisionnement énergétique mondiales.
Vers 22h45 GMT, le baril de WTI américain pour livraison en mai s’établissait à 114,76 dollars, en progression de 2,89%. De son côté, le baril de Brent de la mer du Nord, avec échéance en juin, était coté à 111,26 dollars, soit une hausse de 2,04%.
Quelques minutes après l’ouverture des échanges, le WTI a même atteint le niveau de 115,48 dollars. Ce cours se rapproche de son plus haut enregistré depuis le début de l’offensive des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, qui était de 119,48 dollars.
Des menaces qui pèsent sur les flux
Dimanche, l’ancien président américain Donald Trump a réitéré ses menaces de frapper les infrastructures énergétiques et les ponts en Iran. Il a fixé un ultimatum à la République islamique, exigeant la réouverture du détroit d’Ormuz d’ici mardi soir à minuit GMT.
Cependant, dans des déclarations parallèles à des médias américains, M. Trump a également évoqué de « bonnes chances » de parvenir à un accord avec Téhéran. Il n’a pas exclu pour autant l’envoi éventuel de troupes au sol.
Le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique entre le golfe Persique et le golfe d’Oman, est un corridor vital pour le commerce mondial de l’énergie. Environ 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel y transitent ordinairement. Cette voie maritime est presque totalement fermée depuis le début du conflit actuel.
Un impact mondial sur les prix
Les perturbations des flux de pétrole et de gaz naturel durent depuis plus d’un mois. Elles ont déjà provoqué une flambée des prix des carburants, notamment de l’essence et du gazole, dans de nombreux pays. Certaines régions font même face à des situations de pénurie.
À Singapour, le prix de gros du gazole a atteint des niveaux historiques. Aux États-Unis, le prix au détail de l’essence se rapproche progressivement de son record, enregistré en juin 2022 lors des premiers mois de l’invasion russe en Ukraine.
Ce précédent conflit avait également créé un choc d’approvisionnement majeur sur les marchés pétroliers. À l’époque, le Brent avait culminé à 139,13 dollars le baril, tandis que le WTI avait atteint 130,50 dollars.
Perspectives et prochaines échéances
La volatilité des marchés devrait se maintenir dans les prochains jours, étroitement liée aux développements géopolitiques et diplomatiques. L’échéance de l’ultimatum fixé pour la réouverture du détroit d’Ormuz, mardi à minuit GMT, constitue un point d’attention immédiat pour les traders et les analystes.
Les déclarations contradictoires, évoquant à la fois la menace militaire et la possibilité d’un accord, contribuent à une incertitude persistante. Les marchés surveilleront également toute communication officielle des gouvernements concernés et des organisations internationales sur la sécurisation des approvisionnements énergétiques.
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