Les marchés financiers mondiaux ont enregistré des baisses significatives mardi, dans un contexte de fortes tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Cette pression est directement liée à l’ultimatum lancé par l’administration américaine à l’Iran concernant la réouverture du détroit d’Ormuz, un point de passage crucial pour le transport pétrolier mondial. L’échéance de cet ultimatum était fixée à 20h00, heure de Washington, soit minuit GMT.
En Europe, les principales places boursières ont clôturé en territoire négatif. La Bourse de Paris a cédé 0,67%, Francfort a perdu 1,06%, Londres a reculé de 0,84% et Milan a terminé avec un repli de 0,47%. Outre-Atlantique, vers 16h15 GMT, l’indice Dow Jones affichait une baisse de 0,90%, le Nasdaq reculait de 1,27% et le S&P 500 lâchait 0,92%.
Les analystes attribuent cette volatilité à l’entrée du conflit diplomatique entre les États-Unis et l’Iran dans une phase critique. Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com, a déclaré que les marchés étaient sous tension, les investisseurs se retrouvant à trader face à un nouveau compte à rebours fixé par Washington. Andreas Lipkow, de CMC Markets, a souligné que l’ultimatum concernant le détroit d’Ormuz restait le thème dominant sur le marché des actions, malgré un manque de faits clairs et une spéculation importante.
Une rhétorique belliqueuse et des actions militaires
Le président américain Donald Trump a donné jusqu’à mardi soir à l’Iran pour débloquer la navigation dans le détroit. Il a menacé, dans des propos rapportés par son réseau social Truth Social, d’éradiquer « une civilisation entière » et a utilisé un langage extrêmement véhément. Cependant, des frappes ont été signalées mardi en Iran, touchant des ponts et une autoroute, selon les autorités locales. Ces actions, attribuées à Israël et aux États-Unis, semblent indiquer une exécution des menaces avant même l’expiration formelle de l’ultimatum.
Andreas Lipkow a indiqué que le ton nettement durci ces derniers jours renforçait les inquiétudes des investisseurs. Ceux-ci redoutent une nouvelle escalade du conflit, pouvant potentiellement aller jusqu’au déploiement de troupes terrestres américaines en Iran.
Le pétrole, principal vecteur de la tension
Les menaces et la résistance iranienne continuent de soutenir les cours du pétrole, qui évoluent à des niveaux inédits depuis 2022. Vers 16h15 GMT, le baril de WTI américain s’échangeait à 114,82 dollars, en hausse de 2,14%. Il est à noter que le WTI coûtait exceptionnellement plus cher que le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, qui valait 109,32 dollars le baril, en baisse de 0,41%.
Kathleen Brooks, analyste chez XTB, a expliqué cette anomalie par des différences de fonctionnement entre les contrats à terme. Le contrat WTI prévoit une livraison en mai, tandis que le contrat Brent prévoit une livraison en juin. Matt Britzman, de Hargreaves Lansdown, a ajouté que le pétrole était devenu le principal canal de transmission du risque géopolitique sur l’ensemble des marchés financiers, influençant désormais directement les rendements obligataires, les actions et même le cours de l’or.
Réactions de l’OPEP+ et pression sur les taux
Par ailleurs, l’Arabie Saoudite, la Russie et six autres membres de l’OPEP+ ont annoncé dimanche une nouvelle augmentation de leurs quotas de production. Ils ont toutefois averti que la remise en état des infrastructures énergétiques endommagées par la guerre au Moyen-Orient serait coûteuse et longue. L’organisation a également souligné l’importance cruciale de la protection des voies maritimes internationales pour garantir un approvisionnement énergétique ininterrompu.
Outre les prix élevés du brut, les marchés obligataires subissent également des pressions. Daniela Hathorn a noté que les rendements obligataires restaient soutenus, reflétant un resserrement des conditions financières et des craintes inflationnistes persistantes. Mardi, le taux d’emprunt à dix ans de l’Allemagne, référence en Europe, dépassait les 3%, à 3,08%, contre 2,99% la veille. Son équivalent français s’établissait à 3,77%, contre 3,67% précédemment. Ces taux augmentent avec les risques inflationnistes, les créanciers exigeant un rendement plus élevé pour se prémunir contre la dépréciation de leurs créances.
La situation reste extrêmement volatile. Les prochaines heures et jours seront déterminants pour observer la réponse officielle de l’Iran à l’ultimatum expiré et évaluer si les actions militaires déjà engagées préfigurent une escalade majeure. Les marchés continueront de surveiller de très près toute déclaration des capitales concernées et tout mouvement sur les prix de l’énergie, qui conditionnent largement la dynamique financière globale.
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