Le président américain Donald Trump a menacé, lundi, de détruire l’Iran « tout entier » si Téhéran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz d’ici mardi soir, heure de Washington. Cet ultimatum, lié à un point de passage maritime crucial pour les exportations pétrolières mondiales, intensifie une crise régionale déjà marquée par plus d’un mois de conflit.
Lors d’une conférence de presse, Donald Trump a déclaré que le pays entier pourrait être détruit « en une seule nuit », précisant que les États-Unis avaient la capacité de cibler des infrastructures comme des ponts et des centrales énergétiques « en quatre heures ». Il avait auparavant fixé un délai jusqu’à mardi 20H00, heure de Washington (00H00 GMT mercredi), pour le déblocage du détroit.
Rejets des propositions de trêve
Cette escalade verbale intervient alors que les initiatives de médiation semblent dans l’impasse. La Maison Blanche a confirmé que des pays médiateurs, dont la Turquie, l’Égypte et le Pakistan, avaient proposé un cessez-le-feu de 45 jours pour permettre des négociations. Donald Trump a jugé cette idée « pas encore assez bien », tout en la qualifiant d’« étape très significative ».
De son côté, l’agence de presse officielle iranienne Irna a affirmé que Téhéran avait rejeté une proposition de cessez-le-feu portée par le Pakistan. Un porte-parole militaire iranien a averti que les hostilités se poursuivraient « aussi longtemps que les responsables politiques le jugeront opportun ».
Frappes et menaces sur le terrain
Sur le terrain, les frappes se sont poursuivies. Israël a ciblé des installations du site pétrochimique et gazier de South Pars à Assalouyeh, dans le sud de l’Iran. L’agence Fars a fait état de « plusieurs explosions » sur ce site stratégique, mais aucune victime n’a été signalée.
En réponse, un porte-parole du commandement militaire iranien a averti que si les attaques contre des cibles civiles continuaient, les prochaines phases de représailles seraient « bien plus dévastatrices et étendues ». Par ailleurs, les Gardiens de la Révolution ont annoncé la mort de leur chef des renseignements, Majid Khademi, promettant une « riposte majeure ».
Réactions internationales et accusations
Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a rappelé que toute frappe ciblant des infrastructures civiles, notamment énergétiques, était « illégale » et « inacceptable ». Donald Trump a rétorqué que le « crime de guerre » serait de laisser l’Iran acquérir l’arme nucléaire, justifiant aussi ses menaces par la répression des manifestations en Iran.
Les Gardiens de la Révolution ont déclaré se préparer à imposer des conditions de navigation dans le détroit d’Ormuz, applicables « en particulier aux États-Unis et à Israël ». Ces conditions, non détaillées, pourraient inclure des droits de passage, selon des propositions de parlementaires iraniens ces dernières semaines.
La crise a des répercussions régionales directes. Le Koweït a signalé avoir été visé par des missiles et drones, faisant six blessés. En Israël, quatre personnes ont été retrouvées mortes sous les décombres d’un immeuble touché à Haïfa. Les rebelles houthis au Yémen ont affirmé avoir lancé une nouvelle attaque contre Israël en coordination avec l’Iran et le Hezbollah libanais.
Les prochaines heures sont cruciales, l’échéance de l’ultimatum américain sur le détroit d’Ormuz approchant. La communauté internationale observe si une désescalade diplomatique de dernière minute pourra émerger, ou si la région s’orientera vers une nouvelle phase de confrontation militaire aux conséquences imprévisibles pour la stabilité et la sécurité énergétique mondiale.
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