Le Maroc et l’Union européenne ont officiellement lancé, mercredi, le Dialogue numérique UE-Maroc, un nouveau cadre de partenariat stratégique destiné à approfondir leur coopération dans le domaine du digital. Cet événement s’est tenu en marge du salon GITEX Africa 2026.
L’objectif principal de cette initiative est d’accélérer la transformation numérique du Royaume tout en consolidant les liens technologiques avec le bloc européen. Le lancement a été effectué conjointement par Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, et Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie.
Un cadre pour des bénéfices concrets
Dans ses déclarations, Henna Virkkunen a souligné l’importance de ce nouveau dialogue. Elle a indiqué qu’il marquait un moment important dans la coopération de longue date entre les deux parties et qu’il se concentrerait sur des bénéfices concrets pour les entreprises, les start-up, les institutions de recherche et les autres parties prenantes.
Elle a précisé que ce partenariat renforcerait notamment la coopération entre les AI Factories de l’UE et l’écosystème marocain d’innovation en intelligence artificielle.
De son côté, Amal El Fallah Seghrouchni a expliqué que l’objectif était de créer un cadre propice à une coopération approfondie. Cette coopération serait fondée sur le partage d’expertise, le développement des écosystèmes et la promotion d’un agenda numérique au service du développement économique et social.
Premiers engagements opérationnels
Parallèlement au lancement du Dialogue, les deux responsables ont signé un arrangement administratif sur les écosystèmes d’IA pour l’innovation. Un autre accord significatif a également été conclu.
Quatre centres européens de supercalcul, à savoir le Barcelona Supercomputing Center (BSC), CINECA, GENCI et LUMI, ont signé une lettre d’intention avec l’Université Mohammed VI Polytechnique. Cette université abrite le supercalculateur le plus puissant du continent africain. Cette signature constitue la première étape opérationnelle de la coopération nouvellement établie.
Selon un communiqué de la Commission européenne, la coopération Maroc-UE s’appuiera sur plusieurs piliers infrastructurels. Elle bénéficiera de la mise en service du système de câble sous-marin Medusa à Nador et du soutien continu à la stratégie « Digital Morocco 2030 » pour le déploiement des services publics numériques.
Cinq leviers stratégiques identifiés
Le Dialogue numérique s’articulera autour de cinq axes stratégiques principaux. Le premier concerne la mise en place d’une coopération avancée entre les instituts marocains de recherche en IA et les AI Factories de l’UE. Cela passera par la facilitation des projets de recherche et d’innovation, ainsi que par le partage de ressources et de connaissances.
Le deuxième levier vise à faciliter le déploiement de réseaux et d’infrastructures numériques sécurisés et fiables. Cet effort doit stimuler la coopération dans des domaines comme l’intelligence artificielle et les infrastructures publiques numériques.
Un troisième axe portera sur la collaboration en matière de gouvernance électronique (e-gouvernement) et d’infrastructures publiques numériques, telles que les portefeuilles numériques. L’Union européenne s’engagera ainsi aux côtés du Maroc pour le développement de ces portefeuilles, permettant aux citoyens de stocker et d’utiliser leurs moyens de paiement et documents officiels sur mobile.
Le quatrième point stratégique inclut le renforcement de l’interopérabilité entre les systèmes marocains et européens. L’objectif est de faciliter la reconnaissance et l’échange fluide de données et de services entre les deux espaces.
Enfin, le cinquième levier ambitionne d’accélérer le déploiement du e-gouvernement en digitalisant les services publics pour les rendre plus accessibles, rapides et efficaces.
Soutien à l’innovation et aux start-up
Outre ces axes, les deux parties ont convenu de renforcer le soutien aux start-up qui élaborent des solutions pour répondre aux besoins des entreprises et de la société. Elles s’engagent à échanger autour des bonnes pratiques et à soutenir le déploiement d’infrastructures de calcul dédiées à l’intelligence artificielle.
Les travaux porteront également sur l’interopérabilité entre les solutions et cadres européens et marocains, un élément clé pour la fluidité des échanges futurs.
Les prochaines étapes de ce Dialogue numérique seront définies par les groupes de travail conjoints qui seront prochainement mis en place. Les parties prévoient des réunions régulières pour évaluer les progrès et orienter les actions concrètes, en s’appuyant sur les infrastructures existantes et les feuilles de route nationales comme « Digital Morocco 2030 ».
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