L’Institut national de statistique italien (ISTAT) a publié des données indiquant qu’environ 23 000 ressortissants marocains ont acquis la nationalité italienne l’année dernière. Ces naturalisations placent la communauté marocaine au deuxième rang des étrangers ayant obtenu la citoyenneté italienne en 2024, derrière les Albanais (environ 26 000) et devant les Roumains (16 000). Ces chiffres s’inscrivent dans un contexte démographique marqué par une population étrangère résidente en augmentation et un déclin de la population de nationalité italienne.
Selon le rapport de l’ISTAT, le nombre total d’étrangers résidant en Italie a atteint plus de 5,56 millions de personnes au début de l’année 2024. Cela représente une hausse annuelle de 3,5% et équivaut à environ 9,4% de la population totale du pays. L’institut attribue cette croissance principalement à un solde migratoire positif et à une augmentation des naissances au sein de la population étrangère.
Répartition géographique et tendances démographiques
La présence étrangère en Italie est géographiquement concentrée. Le nord du pays compte 3,23 millions de résidents étrangers, et le centre en accueille plus de 1,3 million. En revanche, le sud de l’Italie héberge environ 969 000 résidents étrangers, ce qui ne représente que 5% de la population totale de ces régions.
Parallèlement, la population de nationalité italienne s’élève à plus de 53 millions de personnes, enregistrant une baisse de 189 000 individus. L’année 2024 a vu 196 000 étrangers obtenir la nationalité italienne, un chiffre en baisse par rapport aux 217 000 de 2023 et aux 214 000 de 2022. L’ISTAT explique ce recul par les modifications législatives introduites par la loi n°74, qui a imposé des restrictions à l’acquisition de la nationalité par le droit du sang (ius sanguinis).
Évolution de la structure familiale et fécondité
Les données démographiques révèlent également une baisse du nombre de naissances en Italie, avec environ 355 000 naissances pour 652 000 décès l’année dernière. L’institut souligne la baisse continue du taux de fécondité, qui est tombé à 1,14 enfant par femme, un phénomène observé dans de nombreux pays européens. L’espérance de vie, elle, s’établit à 81,7 ans pour les hommes et 85,7 ans pour les femmes.
La structure des ménages évolue significativement. L’Italie compte 26,6 millions de ménages, avec une augmentation marquée des foyers composés d’une seule personne. Ceux-ci représentent désormais 37,1% du total, contre 25,9% il y a vingt ans. Les personnes vivant seules constituent 16,9% de la population.
La proportion de couples sans enfants est restée stable, tandis que celle des ménages avec un seul enfant a augmenté pour atteindre un foyer sur dix. La catégorie des parents vivant en couple, qui représentent 25,8% de la population, est celle qui a enregistré le recul le plus important.
Les prochaines publications statistiques de l’ISTAT, attendues courant 2025, permettront de confirmer si ces tendances démographiques, notamment concernant les naturalisations et l’évolution de la population résidente étrangère, se maintiennent. Les observateurs suivront également l’impact à moyen terme des modifications législatives sur les demandes de citoyenneté.
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