Le Royaume du Maroc et la Banque africaine de développement (BAD) ont signé, ce lundi à Washington D.C., une lettre d’intention visant à renforcer leur collaboration en matière de mobilisation des ressources financières domestiques sur le continent africain. Cet accord, intervenu en marge des assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, marque une nouvelle étape dans le partenariat stratégique entre les deux parties. Il vise à capitaliser sur l’expertise marocaine pour soutenir d’autres pays africains dans l’amélioration de leurs systèmes fiscaux et de leurs capacités de collecte de revenus.
La signature de ce document a été effectuée par M. Fouzi Lekjaa, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget, au nom du gouvernement marocain, et par M. Kevin Urama, vice-président par intérim et économiste en chef du Groupe de la Banque africaine de développement. La cérémonie s’est déroulée en présence de hauts responsables des deux institutions.
Objectifs et domaines de coopération
Cette lettre d’intention formalise un cadre de coopération technique et de partage de connaissances. L’objectif principal est de permettre aux pays africains de mieux mobiliser leurs ressources internes afin de financer leurs propres priorités de développement, réduisant ainsi leur dépendance à l’égard du financement extérieur. Le Maroc, qui a mené d’importantes réformes de sa politique fiscale et de son administration ces dernières années, est considéré comme un partenaire clé pour partager son expérience et ses bonnes pratiques.
Les domaines de collaboration identifiés incluent le renforcement des capacités des administrations fiscales, l’amélioration des systèmes de collecte des impôts, la modernisation des cadres législatifs et réglementaires, ainsi que la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales. L’accent sera également mis sur la digitalisation des services fiscaux, un axe dans lequel le Maroc a réalisé des progrès significatifs.
Contexte et importance stratégique
Cette initiative s’inscrit dans le contexte plus large des efforts continus de la BAD pour stimuler la croissance économique inclusive et durable en Afrique. La mobilisation des ressources domestiques est un pilier essentiel du programme de développement du continent, car elle offre une base de financement plus stable et prévisible pour les investissements dans les infrastructures, la santé, l’éducation et la protection sociale.
Pour le Maroc, cet accord renforce son rôle de partenaire de développement actif en Afrique. Il consolide sa position en tant que pont entre les différentes régions du continent et comme pourvoyeur d’expertise technique dans des domaines stratégiques. Cette collaboration avec la BAD permet au Royaume de contribuer directement à l’agenda de l’intégration et du développement économique africains, un axe central de sa politique étrangère.
Les experts estiment que l’amélioration de la mobilisation des ressources intérieures est cruciale pour que les pays africains puissent faire face à des défis tels que le changement climatique, l’insécurité alimentaire et la création d’emplois, en particulier pour les jeunes.
Prochaines étapes et mise en œuvre
La signature de la lettre d’intention ouvre la voie à la définition concrète des modalités opérationnelles de la coopération. Des groupes de travail techniques conjoints devraient être établis pour élaborer un plan d’action détaillé. Ce plan précisera les projets pilotes, les pays bénéficiaires prioritaires, les calendriers et les mécanismes de suivi et d’évaluation.
Les premières activités pourraient inclure l’organisation de séminaires de formation, des missions d’échange d’experts et l’assistance technique ciblée. La BAD devrait faciliter le dialogue et le partage d’expériences entre le Maroc et les autres pays membres intéressés par ces réformes. Le succès de cette initiative sera mesuré à l’aune de l’amélioration tangible des indicateurs de mobilisation des ressources domestiques dans les pays bénéficiaires.
La prochaine étape importante consistera en la finalisation et la signature d’un accord de coopération plus complet, qui formalisera les engagements financiers et techniques des deux parties. Ce processus est attendu dans les mois à venir, après des consultations approfondies.
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