Réforme des masters scientifiques au Maroc : l’IA et l’arabe deviennent obligatoires

Réforme des masters scientifiques au Maroc : l’IA et l’arabe deviennent obligatoires

Le ministre marocain de l’Enseignement supérieur, Azzedine El Midaoui, a annoncé l’adoption d’un nouveau cahier des normes pédagogiques pour le cycle « Master des sciences et techniques » (MST). Publié au Bulletin officiel, ce texte met fin à un système en vigueur depuis plus de dix ans et entrera en application à la rentrée universitaire 2026-2027. Cette réforme introduit des changements majeurs, rendant obligatoires des modules en intelligence artificielle et en langue arabe, et vise à aligner la formation sur les mutations technologiques tout en renforçant l’ancrage identitaire.

Parmi les mesures principales figure l’introduction obligatoire d’au moins un module en intelligence artificielle pour tous les étudiants de master scientifique, quelle que soit leur spécialité. Cette décision s’inscrit dans une volonté d’adapter l’université marocaine aux évolutions technologiques mondiales.

Parallèlement, dans une démarche à portée symbolique, le ministère impose l’intégration d’au moins un module dispensé en langue arabe dans les filières habituellement enseignées en langues étrangères. Cette mesure cherche à opérer un rééquilibrage entre l’ouverture académique internationale et la valorisation de la langue nationale.

Une structure pédagogique repensée

Le nouveau dispositif pédagogique structure le master en 28 modules répartis sur quatre semestres. Le dernier semestre sera entièrement consacré au projet de fin d’études, qui devra obligatoirement être réalisé au sein d’entreprises ou de laboratoires de recherche, renforçant ainsi l’axe de professionnalisation.

La réforme prévoit également le renforcement des compétences transversales avec l’introduction de quatre modules dédiés à la communication, à l’entrepreneuriat, au management et à la méthodologie de recherche. L’objectif est de former des diplômés non seulement techniques, mais aussi capables de s’insérer dans le marché du travail ou de créer leurs propres projets.

Encadrement et modalités d’évaluation

Le système d’enseignement adopte une organisation basée sur les crédits académiques. Le projet de fin d’études représente à lui seul 30 crédits, soulignant son importance dans le parcours. Les conditions de validation sont durcies : l’accès à la deuxième année sera conditionné par une moyenne minimale de 10 sur 20, avec un seuil éliminatoire fixé à 8 sur 20. Le redoublement d’un module sera limité à deux tentatives, sauf dérogation exceptionnelle.

L’enseignement à distance est désormais encadré. Jusqu’à 30% des modules principaux pourront être dispensés en ligne, contre 50% pour les modules transversaux. Les évaluations finales resteront toutefois obligatoirement en présentiel pour garantir l’équité et la rigueur académique.

Assurance qualité et valorisation du parcours

L’encadrement des formations devient plus strict. Les accréditations seront limitées à trois ans, renouvelables sous condition d’évaluation positive par l’Agence nationale d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseignement supérieur. Cette mesure place les universités sous une exigence accrue de performance.

Une innovation notable du système est la prise en compte des activités parallèles des étudiants, qu’elles soient scientifiques, culturelles ou sportives. Ces activités figureront dans un supplément au diplôme, visant à mieux valoriser les parcours individuels et compétences extrascolaires.

La réforme s’appliquera de manière progressive. Les étudiants actuellement inscrits continueront à relever de l’ancien système jusqu’à l’achèvement de leur cursus. Seules les nouvelles promotions inscrites à partir de la rentrée 2026-2027 seront concernées par l’ensemble de ces nouvelles dispositions.

Les prochaines étapes consistent en la préparation des universités et des établissements à l’application de ce nouveau référentiel d’ici la rentrée 2026. Le ministère devra également superviser la mise à jour des programmes et la formation des enseignants pour intégrer les nouveaux modules obligatoires en intelligence artificielle et en langue arabe.

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