Secteur de la sécurité privée : la durée quotidienne de travail réduite de 12 à 8 heures

Secteur de la sécurité privée : la durée quotidienne de travail réduite de 12 à 8 heures

Le gouvernement marocain a officialisé, à l’issue de la session d’avril du dialogue social, un accord avec les partenaires sociaux pour réduire la durée légale du travail quotidien des agents de sécurité privée de douze à huit heures. Cette décision, annoncée par le ministre de l’Insertion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, met fin à des années de revendications concernant des conditions de travail jugées injustes.

Jusqu’à présent, de nombreux agents de sécurité étaient contraints d’effectuer des journées de douze heures tout en étant rémunérés sur la base de huit heures seulement. Le ministre a qualifié cette situation de véritable injustice sociale. L’accord vise ainsi à corriger un déséquilibre structurel affectant une frange importante de travailleurs souvent exposés à des conditions difficiles.

Une mise en œuvre progressive

La concrétisation de cette réforme passera par une modification de l’article 197 du Code du travail. Le gouvernement a toutefois opté pour une approche progressive afin d’éviter tout déséquilibre dans le fonctionnement des entreprises du secteur, tout en garantissant l’application effective de la mesure. Cette avancée est présentée comme le fruit d’un processus de concertation avec les partenaires sociaux, mené sous l’impulsion du chef du gouvernement.

Elle s’inscrit dans une dynamique plus large visant à renforcer les droits des salariés et à améliorer leurs conditions de travail, en conformité avec les orientations nationales en matière de justice sociale.

Un secteur sous surveillance accrue

En parallèle de cette réforme, les autorités renforcent les mécanismes de contrôle. Le ministère continue de superviser les contrats liés aux activités de sécurité et de nettoyage, notamment dans les établissements publics, avec pour objectif de veiller au respect des dispositions légales et de protéger les droits des travailleurs.

Les données de l’inspection du travail illustrent l’ampleur des dysfonctionnements constatés. Durant les neuf premiers mois de 2025, plus de 18 000 opérations de contrôle ont été menées, donnant lieu à plus de 216 000 observations. Ces observations concernent principalement les salaires, la durée du travail, les conditions de sécurité ainsi que la couverture sociale.

Ces interventions ont également permis de relever de nombreuses infractions, sanctionnées par des centaines de procès verbaux, traduisant la persistance de pratiques contraires à la législation en vigueur.

Coordination renforcée pour la protection sociale

Dans le cadre du renforcement de la protection sociale, les pouvoirs publics misent sur une meilleure coordination entre les inspecteurs du travail et les contrôleurs de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale. L’objectif est d’améliorer le suivi des infractions et de garantir une application plus stricte des règles en matière de déclaration et de couverture des salariés.

Par ailleurs, un programme national d’inspection est en cours de déploiement afin de définir des priorités à l’échelle nationale, régionale et locale, permettant une action plus ciblée et plus efficace sur le terrain.

Une réforme dans un chantier global

Cette mesure s’intègre dans le cadre plus large de la révision progressive du Code du travail, prévue par les accords sociaux conclus en 2022 et 2024. Ce chantier vise à adapter le cadre législatif aux réalités actuelles du marché de l’emploi, tout en apportant des réponses concrètes aux problématiques spécifiques de certains secteurs, notamment ceux de la sécurité privée et du nettoyage.

Au delà de son impact immédiat, cette réforme pourrait constituer un tournant dans la structuration du secteur, en instaurant des pratiques plus équitables et en renforçant la dignité des travailleurs concernés. Les prochaines étapes consisteront en la préparation et l’adoption formelle de l’amendement législatif, suivies de sa mise en œuvre selon le calendrier progressif défini par les autorités.

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