À trois jours de l’expiration d’un cessez-le-feu, l’Iran a estimé dimanche qu’un accord de paix avec les États-Unis était encore éloigné. Cette déclaration intervient alors que le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures, est maintenu sous strict contrôle iranien, suscitant des tensions et des incertitudes sur les marchés internationaux.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré que des progrès avaient été réalisés dans les négociations, mais que de nombreuses divergences subsistaient. « Nous sommes encore loin d’avoir bouclé le débat », a-t-il affirmé, soulignant que certains points fondamentaux restaient en suspens.
Ghalibaf s’exprimait après des pourparlers à Islamabad avec une délégation américaine conduite par le vice-président JD Vance, qui s’étaient conclus sans accord le 12 avril. Il a indiqué que l’Iran avait réitéré son manque de confiance envers Washington et exhorté les États-Unis à « renoncer à l’unilatéralisme et à l’esprit d’imposition ».
Nouveau durcissement dans le détroit d’Ormuz
Samedi, l’Iran a annoncé reprendre un « strict contrôle » du détroit d’Ormuz, revenant sur sa décision de la veille de rouvrir ce passage maritime. Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du pays, ont averti que toute tentative d’approche serait considérée comme une coopération avec l’ennemi et que les navires contrevenants seraient pris pour cible. Peu après cette annonce, au moins trois navires commerciaux ont essuyé des tirs en tentant de franchir le détroit.
Le président américain Donald Trump a qualifié cette manœuvre de « chantage », tout en faisant état de « très bonnes conversations » avec Téhéran. Ce nouveau durcissement survient en pleine tentative diplomatique pour relancer les négociations et risque de provoquer des remous sur les marchés financiers lundi.
Divergences sur le dossier nucléaire
Vendredi, Donald Trump avait assuré que les principaux points d’achoppement, notamment sur le volet nucléaire, avaient été levés. Il avait affirmé que l’Iran, qui nie vouloir se doter de l’arme atomique, avait accepté de remettre son uranium hautement enrichi. Cette affirmation a été formellement démentie par les autorités iraniennes.
Situation instable au Liban
Sur l’autre front du conflit, au Liban, la situation reste très instable malgré un cessez-le-feu de dix jours entré en vigueur vendredi. Un militaire français a été tué et trois autres blessés samedi dans une embuscade contre des Casques bleus dans le sud du pays. Cette attaque a été attribuée au Hezbollah pro-iranien, qui a nié toute implication.
L’armée israélienne, toujours présente sur le sol libanais, a établi une « ligne jaune » de démarcation et annoncé avoir « éliminé une cellule terroriste » opérant à proximité de ses troupes. Deux soldats israéliens sont morts dans la région depuis vendredi.
Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a averti que ses combattants resteraient sur le terrain, « le doigt sur la gâchette », prêts à répondre à toute violation, par manque de confiance en l’ennemi. Profitant de l’accalmie, l’armée libanaise a commencé à réparer les routes et les ponts endommagés par les frappes israéliennes.
De nombreux habitants hésitent cependant à revenir durablement, craignant une reprise des hostilités qui ont fait au moins 2 300 morts et déplacé plus d’un million de personnes depuis le 2 mars, selon les autorités libanaises.
Les prochaines heures seront cruciales pour l’évolution de la trêve et la reprise éventuelle des discussions diplomatiques. La communauté internationale surveille attentivement les mouvements dans le détroit d’Ormuz et les déclarations des parties, alors que l’échéance du cessez-le-feu approche rapidement.
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