Les associations marocaines ont déclaré avoir reçu plus de 848 millions de dirhams (MAD) de financements provenant de l’étranger entre l’année 2025 et le début de l’année 2026. Cette information a été communiquée par le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, devant la Chambre des représentants. Le gouvernement a annoncé parallèlement l’ouverture d’une révision du cadre juridique régissant ces fonds, un texte datant de 1958, afin de l’adapter aux réalités actuelles.
Selon les données officielles présentées par Mustapha Baitas, les financements étrangers déclarés entre 2025 et la fin du mois de mars 2026 s’élèvent précisément à 848 483 974,81 dirhams. Ces fonds ont fait l’objet de 1 314 déclarations, couvrant 3 719 aides distinctes au profit de 401 associations marocaines.
Un cadre juridique jugé obsolète
Répondant à une question orale à la Chambre des représentants, le porte-parole du gouvernement a souligné que l’encadrement du financement étranger des associations nationales repose actuellement sur un texte ancien. Il s’agit du dahir n° 1.58.376 relatif à la création des associations, promulgué en 1958, et plus particulièrement de son article 32 bis.
Mustapha Baitas a indiqué que le Secrétariat général du gouvernement travaille désormais à une révision globale de ce cadre juridique. L’objectif est de l’actualiser et de l’harmoniser avec les réalités actuelles du tissu associatif marocain, notamment depuis l’adoption de la Constitution de 2011. Cette refonte se fera, selon ses déclarations, selon une approche participative.
Des préoccupations sécuritaires et éthiques
L’annonce de ces chiffres et la révision législative interviennent dans un contexte marqué par des préoccupations parlementaires concernant l’utilisation de ces fonds. Les autorités estiment que les financements étrangers peuvent parfois être utilisés pour promouvoir des agendas politiques, sociaux ou idéologiques susceptibles de constituer des menaces pour la sécurité nationale.
Lors de la séance parlementaire, le député Nouredin El Hrouchi, du groupe de l’Union constitutionnelle, a exprimé des critiques vigoureuses. Il a dénoncé un secteur devenu, selon lui, un terrain pour certains intermédiaires qui profiteraient de la détresse des populations en prélevant des commissions sur ces financements. Il a estimé que ces pratiques portent atteinte à la réputation du travail associatif.
Le parlementaire a également alerté sur les risques liés à certains financements étrangers qu’il a qualifiés de « suspects ». Il a évoqué la possibilité que ces fonds servent des agendas ou soient liés à des phénomènes tels que l’extrémisme ou la traite des êtres humains, menaçant ainsi, selon ses termes, les fondements de la nation.
Appels à un contrôle renforcé
Face à ces risques perçus, des appels ont été lancés au sein de l’hémicycle pour un renforcement du contrôle de ces flux financiers. Le député El Hrouchi a plaidé pour un suivi rigoureux des financements « depuis leur source jusqu’à leur destination finale ». L’objectif avancé est de garantir que les ressources soient effectivement consacrées à de véritables projets de développement, dans la transparence et sous le contrôle de l’État.
La révision annoncée du cadre légal semble répondre à ces demandes. Elle vise à combler les lacunes d’un texte considéré comme inadapté à l’ampleur et à la complexité des financements transnationaux contemporains.
La prochaine étape consistera en l’élaboration d’un projet de texte par le Secrétariat général du gouvernement. Ce projet sera ensuite soumis à une approche participative, probablement incluant des consultations avec les parties prenantes du secteur associatif, avant son examen par les instances gouvernementales et législatives compétentes. Aucun calendrier précis n’a été communiqué pour l’aboutissement de cette réforme.
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