Étude : plus de 1,3 million d’emplois menacés par l’IA au Maroc d’ici 2030

Étude : plus de 1,3 million d’emplois menacés par l’IA au Maroc d’ici 2030

Rabat – Un rapport publié mercredi par le Centre africain pour les études stratégiques et la digitalisation (CAESD) alerte sur les transformations du marché du travail marocain face à l’intelligence artificielle. Selon cette étude, plus de 1,3 million de postes pourraient être impactés par l’automatisation d’ici 2030.

L’étude intitulée « Intelligence artificielle et emploi au Maroc : défis et opportunités à l’horizon 2030 » a été présentée à Rabat. Le CAESD précise que les secteurs les plus exposés sont ceux de l’industrie manufacturière, des services administratifs, du commerce de détail et des opérations bancaires. Les métiers répétitifs et les tâches de traitement de données sont jugés particulièrement vulnérables.

Des secteurs inégalement touchés

Le rapport estime que près de 30 % des emplois dans l’industrie textile, 25 % dans la grande distribution et 20 % dans les services financiers pourraient être automatisés. À l’inverse, les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’artisanat devraient connaître un impact moindre, avec moins de 10 % des postes menacés.

Le CAESD souligne que la transition ne se traduira pas nécessairement par une destruction nette d’emplois, mais par une transformation profonde des compétences requises. Les auteurs du rapport recommandent une adaptation des programmes de formation professionnelle et universitaire pour anticiper ces mutations.

Des recommandations pour anticiper les mutations

L’étude préconise la mise en place d’un observatoire national de l’emploi et de l’intelligence artificielle, chargé de suivre l’évolution des métiers. Elle appelle également au développement de dispositifs de reconversion et de formation continue, notamment dans les compétences numériques et les métiers créatifs.

Le gouvernement marocain a déjà lancé plusieurs initiatives dans le cadre de la Stratégie nationale de développement du numérique. Selon le CAESD, ces efforts doivent être accélérés et mieux coordonnés avec les acteurs économiques et les syndicats pour limiter les impacts sociaux.

Le rapport note que les entreprises marocaines commencent à intégrer des outils d’intelligence artificielle dans leurs processus, mais que le manque de main-d’œuvre qualifiée freine cette adoption. Environ 40 % des entreprises interrogées dans le cadre de l’étude déclarent rencontrer des difficultés à recruter des profils capables de travailler avec des systèmes automatisés.

Un appel à une transition inclusive

Le CAESD insiste sur la nécessité d’une transition inclusive qui n’exacerbe pas les inégalités existantes. Les travailleurs peu qualifiés, les femmes et les jeunes ruraux sont identifiés comme les catégories les plus vulnérables face à l’automatisation. L’étude suggère des mesures ciblées pour ces groupes, comme des aides à la formation et des incitations à l’embauche dans les secteurs porteurs.

Le rapport conclut que le Maroc dispose d’une fenêtre d’opportunité de cinq à sept ans pour adapter son système éducatif et son marché du travail avant que les impacts de l’IA ne deviennent massifs. Les auteurs appellent à une concertation nationale impliquant les pouvoirs publics, le patronat, les syndicats et les universités dès le premier trimestre 2025.

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