Le gouvernement du Honduras a officiellement suspendu sa reconnaissance de la prétendue « République arabe sahraouie démocratique » (RASD), a annoncé lundi 7 avril 2025 la ministre hondurienne des Affaires étrangères, Mme Mireya Agüero de Corrales, dans une lettre adressée aux autorités marocaines. Cette décision, qui constitue un revirement diplomatique, a été prise par le Honduras de manière souveraine, en vertu de son attachement traditionnel aux principes du droit international.
Dans sa correspondance, Mme Agüero de Corrales précise que la suspension découle de la volonté du Honduras de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des États membres des Nations Unies. Le Royaume du Maroc, qui considère le Sahara occidental comme une partie intégrante de son territoire, interprète cette annonce comme une adhésion à sa position sur le différend régional.
Cette suspension intervient dans un contexte diplomatique plus large où plusieurs pays latino-américains ont récemment ajusté leur position sur le dossier du Sahara marocain. Le Honduras devient ainsi le dernier État de la région à prendre une telle mesure, après des décisions similaires prises par d’autres nations comme le Salvador et le Guatemala.
Contexte et motivations diplomatiques
La lettre de la ministre hondurienne souligne que cette suspension est motivée par le respect du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU concernant le conflit du Sahara. Le texte mentionne également la décision du Honduras de renforcer ses relations bilatérales avec le Maroc, conformément aux intérêts communs des deux États.
Le Maroc, qui contrôle de facto environ 80% du territoire du Sahara occidental, propose un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine comme solution au conflit, soutenu par plusieurs puissances internationales, notamment les États-Unis et la France. La pseudo-RASD, de son côté, continue de revendiquer l’indépendance du territoire.
Réactions officielles et implications régionales
Le ministère marocain des Affaires étrangères a salué cette décision dans un communiqué officiel, la qualifiant de « pas significatif vers la consolidation de la position marocaine ». Les diplomates marocains espèrent que cette suspension pourrait inciter d’autres États d’Amérique centrale et des Caraïbes à suivre la même voie.
Pour le Honduras, cette décision pourrait avoir des implications dans ses relations avec d’autres acteurs régionaux, notamment le Front Polisario et l’Algérie, qui soutient la cause indépendantiste. Les analystes estiment que ce choix s’inscrit dans une stratégie plus large de rapprochement entre les pays d’Amérique latine et le Maroc, un partenaire économique et politique croissant.
Le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a appelé à plusieurs reprises à une reprise des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario, sans pour autant prendre position sur la reconnaissance des entités. La décision hondurienne n’a pas fait l’objet de commentaires officiels de la part de l’ONU à ce stade.
Prochaines étapes et perspectives
Les autorités honduriennes ont indiqué qu’elles informeront toutes les instances internationales compétentes de cette suspension, en particulier l’Union africaine et les Nations Unies, où la question du Sahara est régulièrement débattue. Aucun calendrier n’a été fixé pour une éventuelle révision de cette position, mais la suspension est présentée comme une mesure définitive dans le cadre de la politique étrangère actuelle du Honduras.
Le Maroc, de son côté, poursuit ses efforts diplomatiques pour élargir le nombre de pays ayant retiré leur reconnaissance à la pseudo-RASD, qui est passée d’une cinquantaine de nations il y a quelques années à environ une vingtaine aujourd’hui. Le suivi de ce dossier reste étroit, et des annonces similaires pourraient intervenir dans les prochains mois, selon des sources diplomatiques.
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