Oléagineux : la filière marocaine prévoit plus de 50 000 hectares emblavés pour la saison 2025

Oléagineux : la filière marocaine prévoit plus de 50 000 hectares emblavés pour la saison 2025

Rabat – Après sept années consécutives de sécheresse sévère, la filière des oléagineux au Maroc amorce un redressement significatif. Les prévisions officielles indiquent que les superficies consacrées aux cultures oléagineuses devraient dépasser les 50 000 hectares pour la campagne agricole en cours, marquant un tournant pour un secteur longtemps fragilisé par le stress hydrique.

Selon les données communiquées par les autorités compétentes, cette augmentation des emblavements résulte d’une amélioration notable des conditions pluviométriques enregistrées depuis le début de l’automne. Les précipitations, bien que toujours irrégulières, ont permis de reconstituer partiellement les réserves en eau des sols dans plusieurs régions céréalières et oléagineuses, notamment dans les zones traditionnelles de production du tournesol, du colza et de l’olivier.

Un retour progressif à la normale

La filière des oléagineux avait subi de plein fouet la sécheresse persistante des années 2018 à 2024. Les rendements à l’hectare avaient chuté de manière drastique, contraignant de nombreux agriculteurs à abandonner temporairement ces cultures ou à se tourner vers des spéculations moins exigeantes en eau. La reprise observée cette saison est donc perçue par les professionnels comme un signe de résilience et d’adaptation du secteur.

Les responsables de la Fédération interprofessionnelle des oléagineux (FOLEA) soulignent que cet objectif de 50 000 hectares est le fruit d’un travail de fond mené avec les pouvoirs publics, incluant des programmes de subventions pour les semences certifiées et un accompagnement technique renforcé pour les agriculteurs.

Des retombées économiques attendues

Le redressement de la filière devrait avoir un impact direct sur la balance commerciale du Maroc, qui importe actuellement une part importante de ses besoins en huiles végétales. En augmentant la production locale de graines oléagineuses, le pays vise à réduire sa dépendance aux marchés extérieurs et à stabiliser les prix des huiles alimentaires pour les consommateurs.

Les cultures concernées sont principalement le tournesol, le colza et, dans une moindre mesure, le soja. Les régions les plus impliquées dans cette reprise sont le Gharb, le Loukkos, le Saïs, ainsi que certaines zones du Moyen Atlas et de l’Oriental, où les sols argileux et les apports en eau récents favorisent un bon développement végétatif.

Défis persistants malgré l’optimisme

Malgré ces perspectives encourageantes, les acteurs de la filière restent prudents. La variabilité climatique demeure une menace structurelle, et la disponibilité en eau d’irrigation reste limitée dans les périmètres les plus vulnérables. Par ailleurs, la concurrence internationale, notamment celle des producteurs ukrainiens et sud-américains, pèse sur les prix à l’importation et complique la compétitivité de la production locale.

Pour sécuriser cette reprise, le ministère de l’Agriculture a mis en place un dispositif de veille agronomique et de suivi des cultures, avec des points d’étape mensuels. Les agriculteurs sont invités à adopter des techniques d’irrigation économes et à diversifier leurs assolements pour limiter les risques.

Perspectives pour la suite de la campagne

La saison actuelle est désormais entrée dans une phase critique, celle de la floraison et de la formation des graines. Les prochaines semaines seront décisives pour confirmer les rendements et, par conséquent, la viabilité économique de cette campagne de reprise. Les premières estimations de récolte seront publiées par le ministère de l’Agriculture au mois de juin, après le début des moissons.

Si les conditions climatiques restent favorables d’ici à la fin du cycle végétatif, la filière des oléagineux pourrait renouer avec des niveaux de production intermédiaires, ouvrant la voie à une consolidation progressive du secteur dans les années à venir.

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